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À la chasse aux souverainistes du NPD

Dominique La Haye

Dominique La Haye @

Journal de Québec, Publié le:

Le libéral Stéphane Dion trouve ambiguë la position de Jack Layton par rapport au Québec.

© Les archives Simon Clark

Le libéral Stéphane Dion trouve ambiguë la position de Jack Layton par rapport au Québec.

OTTAWA | Le chef du NPD, Jack Layton, doit démasquer les souverainistes qui semblent se cacher au sein de son parti, estime le père de la Loi sur la clarté, Stéphane Dion.

Selon le député libéral, M. Layton doit en quelque sorte demander à ses nouveaux députés du Québec de faire une profession de foi envers le gouvernement du Canada.

« Il (M. Layton) doit demander à chacun de ses députés qu'ils croient dans le Canada. Et, si ce n'est pas le cas, il doit dire : ''J'ai tant de députés qui sont des indépendantistes et qui voteraient Oui à un référendum sur l'indépendance.'' Il doit nous dire ce qu'il ferait », a fait valoir M. Dion en entrevue avec le Journal de Québec.

Il y deux semaines, au moins deux des 59 députés néo-démocrates du Québec ont admis ne pas savoir pour quelle option politique ils voteraient advenant la tenue d'un référendum sur la souveraineté.

« Est-ce qu'on peut être indépendantiste et être député du NPD? », se questionne M. Dion.

Le respect

« Quelqu'un qui se cache derrière une façade fédéraliste mais qui est indépendantiste (.) ça, je n'ai pas de respect pour cela et personne ne devrait en avoir y compris M. Layton », est d'avis le député libéral. Ce dernier dit en revanche avoir du « respect » pour les gens qui se déclarent indépendantistes, mentionnant au passage l'ex-chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe.

Lorsque questionné sur l'allégeance politique de ses députés la semaine dernière, M. Layton a pour sa part répondu que ceux-ci sont bien au courant qu'ils sont dans un « parti fédéraliste ».

« Ils savent que notre but est d'essayer de créer les conditions gagnantes pour le Canada au Québec et chacun d'eux a endossé ce projet », avait-il alors souligné.

Déclaration ambiguë

Par ailleurs, M. Dion qualifie « d'ambiguë » la Déclaration de Sherbrooke adoptée par le NPD en 2005. Il estime que M. Layton et son parti restent vagues en n'écrivant pas noir sur blanc qu'ils accepteraient de « scinder sur la base d'une seule voix » le Canada. Il accuse M. Layton de « marcher sur des œufs ».

Le document en question indique, d'une part, que le parti « reconnaîtrait » la règle du « 50 % + un » advenant la victoire du camp du Oui lors d'un référendum, ajoutant, d'autre part, qu'en réponse à ce référendum, il « appartiendrait au gouvernement fédéral de déterminer son propre processus conformément à l'avis de la Cour suprême ».

« Il (le NPD) dit qu'il reconnaît le 50 % + 1, mais il ne dit pas pour faire quoi, car après, il dit que le gouvernement du Canada pourra agir en conformité avec l'avis de la Cour suprême », fait remarquer M. Dion.

Or, l'avis du tribunal fait référence à une « majorité claire » en réponse à une « question claire » pour que le projet de souveraineté se voie conférer une « légitimité démocratique » que le reste du Canada aurait « l'obligation de reconnaître ».

La semaine dernière, M. Layton a clarifié sa position, indiquant que pour le NPD, une « majorité claire » équivaut à « 50 % plus un ».

Selon M. Dion, le chef du NPD va plus loin que la Déclaration de Sherbrooke en clarifiant ce que constitue une « majorité claire », mais sans pour autant dire ce qu'il ferait avec ce résultat.