POLICIERS INTÉGRÉS À LA SQ
Laisser le choix aux municipalités
C'est le message que Jean-Guy Dagenais entend livrer au congrès de l'Union des municipalités du Québec qui se tiendra dans la capitale à partir de demain. Le numéro un du syndicat des policiers de la SQ croit que ces villes réaliseraient non seulement des économies substantielles, mais elles bénéficieraient du même coup de tous les « services spécialisés » de la police provinciale.
Présentement, seules les villes de 50 000 habitants et moins peuvent demander d'intégrer leur police municipale à la SQ. De plus, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a décrété un moratoire l'automne dernier, paralysant le processus d'intégration à la SQ jusqu'au printemps 2011.
« On ne s'en cachera pas, on a eu notre part de critiques dans les premières années des intégrations. Mais on s'est ajustés, les effectifs et la présence policière ont augmenté dans les municipalités nouvellement desservies. Bref, ça va très bien à la SQ. Ce qu'on dit, c'est que si vous êtes satisfaits de votre police municipale, tant mieux! Mais il faudrait que le gouvernement laisse le choix à ces villes de se tourner vers une option supplémentaire », a fait valoir M. Dagenais au Journal.
« Casse-tête »
Il a rappelé que des villes comme Joliette et Drummondville réalisent des « économies récurrentes » de un à deux millions de dollars par année depuis que leurs policiers ont troqué l'uniforme bleu pour le vert. « Elles n'ont plus le casse-tête de renouveler des conventions collectives, de gérer un parc automobile ou de payer des avocats en cas de poursuites. C'est de l'argent qu'elles peuvent mettre dans leurs infrastructures. »
La Fédération des policiers municipaux du Québec avait salué le moratoire en décriant l'inéquité dans le financement des services de police, du fait que les contribuables des villes patrouillées par les « bleus » paient également pour les services offerts par les « verts ».
« Il faut comprendre que les villes ayant leur propre police empochent la totalité de l'argent des contraventions qui y sont données, tandis que celles remises par les policiers provinciaux vont dans les coffres du gouvernement. On sait qu'il y a de la pression pour donner des contraventions dans ces villes-là », a dit M. Dagenais.
Ce dernier soutient que Québec n'avait « pas besoin » de geler le processus d'intégration jusqu'en 2011 et que le ministre Dupuis devrait « reconsidérer sa décision ».