Seul maire de France à avoir « survécu » à l'implantation d'un tramway, Alain Juppé recommande au maire Labeaume de consulter, d'expliquer et de débattre à profusion, clé du succès pour faire accepter son projet, assure-t-il.
« En toute logique, j'aurais dû être battu aux élections municipales de 2001, parce que la Ville était bouleversée par les chantiers. Il y avait donc beaucoup de contraintes pour les habitants, d'autant qu'à Bordeaux, on s'est attaqué au centre historique », a relaté avec le sourire aux lèvres le maire Juppé, ex-premier ministre de France.
Son secret? « De la patience, de la pédagogie et de l'explication, répond-il. J'insiste beaucoup là-dessus, il faut passer beaucoup de temps à expliquer, à se concerter, avec les riverains, les commerçants, à mettre en place des systèmes de compensation parfois, à adapter le chantier pour qu'il soit bien tenu. Je ne dis pas qu'à Bordeaux tout a été exemplaire, mais même pendant le cours des travaux, les gens attendaient ça. »
Des débats et consultations publiques ont également été menés, et un forum regroupant des dizaines d'associations a tenu des centaines d'heures de réunion, rapporte le maire. « Il y a eu beaucoup de débats pour savoir quel était le bon tracé, dit-il. Il y a eu un travail de préparation très approfondi. »
Indemnisation
Une commission d'indemnisation des commerçants a été mise en place afin de compenser les baisses de chiffres d'affaires pendant les travaux d'aménagement. Les gens de la Chambre de commerce de Québec ont d'ailleurs rencontré leurs homologues de Bordeaux pour en savoir davantage à ce sujet.
Vérifications faites auprès de la Communauté urbaine de Bordeaux (CUB), 271 commerçants ont reçu près de 10,4 millions en indemnisation pendant la première phase au centre-ville et 43 se sont partagé 2,7 millions lors de la deuxième phase.