Sondage Léger Marketing

Charest n'a plus les deux mains sur le volant

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Taïeb Moalla @

Journal de Québec, Publié le:

«Les électeurs réalisent la fumisterie quant au motif du déclenchement de l'élection par Jean Charest», pense le professeur Paquin.

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«Les électeurs réalisent la fumisterie quant au motif du déclenchement de l'élection par Jean Charest», pense le professeur Paquin.

Les pertes de 40 milliards $ à la Caisse de dépôt et placement (CDPQ) semblent profiter au Parti Québécois qui efface son retard sur les libéraux de Jean Charest et mène très largement dans l'électorat francophone, selon un sondage Léger Marketing réalisé pour Le Journal.

Le coup de sonde a été effectué jeudi auprès de 1079 répondants, au lendemain de la divulgation des résultats désastreux de la CDPQ. Après répartition des indécis, péquistes et libéraux se trouvent au coude à coude avec 40 % des intentions de vote. Par rapport aux élections du 8 décembre dernier, il s'agit d'une perte de deux points pour les libéraux et d'un gain de cinq points pour le parti souverainiste. L'ADQ enregistre de son côté une chute fort marquée passant de 16 %, lors du scrutin de décembre, à seulement 9 % cette semaine.

Encore plus significatif, le PQ obtient 50 % d'intentions de vote dans l'électorat francophone, tandis que les libéraux doivent se contenter de 28 %.

« Ça faisait très longtemps que le PQ n'était pas allé aussi haut chez les francophones, avance Stéphane Paquin, professeur de science politique à l'Université de Sherbrooke. En raison de la concentration du vote libéral à l'ouest de Montréal, en Outaouais et en Beauce, ces résultats donneraient un gouvernement péquiste majoritaire qui tournerait autour de 75 députés (la majorité est de 63 sièges). »

D'après le politologue, « ce sondage constituera du baume au cœur de Pauline Marois dont la stratégie a l'air de marcher. M Charest dit ne pas vouloir politiser le débat sur la Caisse, mais les gens sont inquiets et ont peur que les tarifs augmentent. Ils commencent à regretter leur choix de décembre et réalisent la fumisterie quant au motif du déclenchement de cette élection.»

Du côté de Léger Marketing, la vice-présidente du bureau de Québec, Caroline Roy, ne veut pas se prononcer sur la répartition éventuelle des sièges. « Ce que le sondage nous dit, c'est que c'est serré un peu partout entre les libéraux et les péquistes et qu'il y a un certain avantage pour le PQ, avance-t-elle. On note le retour d'une lutte à deux consécutive au départ de Mario Dumont et à la chute de l'ADQ. »

François Pétry, professeur au Département de science politique de l'Université Laval, soutient que « les chiffres ne sont pas suffisamment distants pour faire des conclusions. Ils sont à l'intérieur des marges d'erreurs. Mais il est probable que le PQ bénéficie de la crise ».

Caroline Roy invite également à la prudence. « Historiquement, les libéraux ont toujours été avantagés dans un contexte de crise économique », rappelle-t-elle.

tmoalla@journaldequebec.com

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