Malgré la crise économique qui continue à sévir au Québec et un plan Marois plutôt bien accueilli, le Parti québécois ne réussit pas à détrôner le Parti libéral du Québec dans les intentions de vote, révèle un sondage Léger Marketing commandé par Le Journal de Montréal.
Six mois après son élection à la tête d'un gouvernement majoritaire, Jean Charest se maintient au-dessus des 40 % d'appuis populaires, trois points devant les troupes de Pauline Marois.
« Après avoir fait une percée au mois de mars en dépassant légèrement le PLQ, on dirait que le PQ ne parvient pas à capitaliser contre un gouvernement qui vit avec une crise économique », note l'analyste de Léger marketing, Christian Bourque.
Par contre, la situation n'est « pas si rose » pour les libéraux, estime M. Bourque. « Malgré leur avance, ils sont neuf points derrière le PQ dans l'électorat francophone, souligne-t-il. C'est important de considérer cette statistique, car cela veut dire que s'il y avait des élections demain, tant les péquistes que les libéraux pourraient former un gouvernement minoritaire. »
L'ADQ ne lève plus
Le sondage montre aussi que l'Action démocratique du Québec est sortie du radar avec un maigre 8 %, ce qui place l'ancien parti de Mario Dumont pratiquement à égalité avec Québec Solidaire (7 %) et le Parti vert (6 %).
Même en suggérant un chef hypothétique, en l'occurrence Gilles Taillon, principal candidat, les appuis à l'ADQ ne sont pas beaucoup plus nombreux. Onze pour cent des répondants voteraient pour l'ADQ si Gilles Taillon en était le chef. Ce sont surtout des libéraux qui changeraient de camp puisque l'appui des libéraux chute de 41 % à 36 % lorsqu'on mentionne le nom de Jean Charest. Pauline Marois, elle, fait à peine monter l'appui du PQ de 38 % à 39 %.
Selon Christian Bourque, l'ADQ traverse une période noire qui ne finira pas de si tôt. « Gilles Taillon à la tête de l'ADQ, c'est comme une aspirine pour quelqu'un qui a mal partout. Ça l'aide un peu, mais ce n'est pas suffisant. Ça va être difficile pour l'ADQ en attendant qu'un nouveau chef s'établisse et se fasse connaître », dit l'analyste de Léger Marketing.
Par ailleurs, le sondage montre aussi qu'un Québécois sur deux (52 %) est insatisfait du gouvernement Charest, mais que le chef libéral est toujours perçu comme le meilleur premier ministre par 34 % des Québécois, contre 30 % pour Pauline Marois. Le candidat à la chefferie de l'ADQ, Gilles Taillon, ne recueille que 5 % à ce chapitre, non loin devant Françoise David à 4 %.
Ce sondage a été réalisé en ligne à l'aide d'une méthode d'échantillonnage sophistiquée répliquant les conditions d'un échantillon aléatoire simple probabiliste. La présente étude a été réalisée entre le 25 et le 27 juin 2009 auprès de 1021 personnes. Dans les mêmes conditions, un échantillon probabiliste de cette taille présenterait une marge d'erreur statistique de ± 3 %, 19 fois sur 20.