Quand on lui a rappelé qu'un sondage Léger Marketing fait pour le Journal montrait que trois Québécois sur quatre voulaient une enquête publique sur l'industrie de la construction, le leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, a dit que tout le monde voulait aller au fond des choses, le gouvernement aussi.
« Le gouvernement, le ministre sait ou devrait savoir les limites d'une enquête policière. Soixante-seize pour cent des Québécois veulent la vérité. Personne n'a accès aux rencontres dans un bureau d'enquêteur où quelqu'un évoque le droit à l'avocat. Les gens ont droit à la transparence, et la seule façon, c'est par le biais d'une commission d'enquête. Pourquoi refuser à la population ce droit à la vérité, ce droit à la transparence? » a demandé son vis-à-vis péquiste Stéphane Bédard.
Théâtral, Jacques Dupuis a répliqué ainsi :« Cent pour cent des Québécois veulent qu'on aille au fond des choses, 100 % des Québécois veulent que ces agissements-là cessent, 100 % des Québécois veulent que ces processus se fassent en vertu de la loi et en vertu des règlements, 100 % des Québécois, ça comprend 100 % des membres du gouvernement », a-t-il dit.
Pour le moment, le gouvernement refuse de lancer une enquête publique sur l'industrie de la construction et ses liens présumés avec les partis politiques, municipaux et autres.
Pauline Marois a fait remarquer hier que le maire de Montréal, Gérald Tremblay, craignait pour sa sécurité. La chef du PQ a donc insisté en posant à Jean Charest une question lourde de sens : « Est-ce que le premier ministre a peur, lui aussi, de Tony Accurso? »
M. Charest est resté de marbre et a soutenu que, pour le moment, il n'était pas question d'une enquête publique, mais de la constitution d'une escouade policière spéciale, baptisée Marteau. « On n'exclut pas la possibilité d'aller plus loin », a ajouté le premier ministre.