Malgré la petite bombe politique lancée jeudi soir par l'animateur d'Infoman - qui a réussi à voter pour Gilles Taillon lors de la course à la direction de l'ADQ en utilisant le nom du défunt chef d'État gabonais Omar Bongo -, l'ADQ maintient les résultats du scrutin.
« Rien ne nous permet de remettre en question le résultat du vote. Nous réitérons donc notre confirmation que monsieur Gilles Taillon a été élu, en toute légitimité, chef de l'ADQ », a écrit le président de l'élection adéquiste, Me Pierre-Éloi Talbot, dans un communiqué de presse diffusé hier après-midi.
Invoquant une « erreur humaine commise de bonne foi », M. Talbot a rapporté qu'à la suite de « vérifications exhaustives, nous pouvons confirmé (sic) que l'équipe d'Infoman a bien réussi à voter, à une reprise, avec un nom fictif, pour un candidat à la direction de l'ADQ. Tous les autres noms mentionnés lors de l'émission n'ont jamais obtenu de carte de membre et n'ont pas voté ».
Jean-René Dufort, alias « Infoman », qui n'en est pas à ses premières armes en matière de votes loufoques, a ainsi tenté d'obtenir des cartes de membre et des NIP pour pouvoir voter. Il a notamment essayé d'inscrire Simone De Beauvoir, Dora l'exploratrice, Gaston Lagaffe, la Mona Lisa et feu la mairesse Boucher comme membres de la formation politique. A priori, seul le nom d'Omar Bongo, ancien président du Gabon décédé en juin 2009, a réussi à passer à travers les mailles du filet et à inscrire ainsi un vote pour Gilles Taillon.
Dimanche dernier, le nouveau chef de l'ADQ avait remporté ce scrutin extrêmement disputé, au second tour, avec une mince avance de deux voix contre son adversaire Éric Caire. Avec ces nouvelles révélations, cette marge est encore plus minime. Gilles Taillon possède désormais une seule voix d'avance (la sienne) sur M. Caire.
Pas la victoire du siècle
Gilles Taillon a été informé de cette affaire lors de l'enregistrement de l'émission Tout le monde en parle, jeudi soir. « Il était secoué », nous a révélé une source qui était présente à ce tournage. « Si j'ai 50 % plus un, ça reste bon, a déclaré M. Taillon sur les ondes de Radio-Canada, hier matin. Je suis toujours gagnant, mais ce n'est pas la plus belle victoire du siècle. »
Le mode de scrutin téléphonique a d'ailleurs été vilipendé par M. Taillon. « J'avais d'énormes réticences avec ce mode de vote-là », a-t-il mentionné, avouant du même souffle préférer « le bon vieux vote papier ».