Le Parti québécois estime que le groupe mené par Lucien Bouchard fait fausse route en réclamant une hausse draconienne des frais de scolarité.
Bien qu'il se montre ouvert à la tenue d'un débat de société sur ce sujet, le PQ soutient qu'il faut éviter de résoudre le sous-financement des universités uniquement en puisant dans les poches des étudiants.
« Ce n'est pas la voie à suivre. Appliquer ce plan ferait plus de tort que de bien », a commenté la porte-parole péquiste en matière d'éducation, Marie Malavoy, qui craint un surendettement des étudiants.
En affirmant que le parti « est prêt à tout remettre sur la table », elle expose l'évolution de la position du PQ, qui n'érige plus le gel des frais de scolarité en dogme immuable.
Toutefois, le parti de Pauline Marois s'inscrit en faux contre la possibilité de doubler les frais imposés aux étudiants afin d'atteindre la moyenne canadienne, qui s'élève à 4 917 $.
« Doubler, ce n'est pas dans notre approche. Moi, je suis fière que l'on soit l'endroit le moins cher en Amérique du Nord, parce que l'investissement dans les études supérieures, c'est toute la société qui en bénéficie », a indiqué Mme Malavoy.
Le PQ rejette aussi la proposition de moduler les frais d'inscription des étudiants en fonction des coûts associés à leur formation.
Ainsi, un étudiant en médecine débourserait bien davantage qu'un collègue ayant choisi un programme moins onéreux à donner.
« Si un médecin spécialiste gagne 300 000 $ au sortir de ses études, la façon d'aller chercher cet argent, c'est par l'impôt. Mais laissons accès à tout le monde à l'entrée », a plaidé la députée de Bourget.
L'ADQ applaudit
Le chef adéquiste Gérard Deltell endosse pour sa part l'ensemble des recommandations formulées notamment par l'ancien premier ministre Bouchard.
L'ADQ estime que le gouvernement pourrait éviter un choc tarifaire aux étudiants en étalant sur cinq ans le rattrapage à effectuer pour que les droits de scolarité du Québec se comparent à la moyenne canadienne.
« Il faut arrêter de se mettre la tête dans le sable, un statu quo est irresponsable », a-t-il déclaré.