Sur trois ans

Le ministre de l'Éducation accusé de «gaspiller» 1M$

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Taïeb Moalla @

Journal de Québec, Publié le:

Gilles Dussault, président du SPGQ, regrette le « gaspillage » de fonds publics.

© Jean-Claude TREMBLAY

Gilles Dussault, président du SPGQ, regrette le « gaspillage » de fonds publics.

Le ministère de l'Éducation (MELS) va « gaspiller » jusqu'à un million de dollars, sur une période de trois ans, en confiant la correction des épreuves nationales de français de la cinquième année du secondaire au privé.

C'est du moins l'accusation lancée, ce matin, à Québec, par Gilles Dussault, président du Syndicat des professionnels du gouvernement du Québec (SPGQ).

Au lieu de faire affaire avec ses 150 employés occasionnels, comme c'est l'habitude, le MELS a récemment publié un appel d'offres pour dénicher un partenaire privé qui assurerait les corrections des copies (bon an mal an, il y en a environ 65 000).

« C'est une situation déplorable parce que le ministère confie une mission au privé et que ça va coûter plus cher que ça lui en coûte actuellement pour faire ce travail (.). On est dans un univers assez surréaliste », s'est scandalisé M. Dussault.

Ce dernier calcule que les corrections réalisées au sein de la fonction publique coûtent 3,9 millions de dollars sur une période de trois ans. Or, dans son appel d'offres, le gouvernement évoque une somme comprise entre 4,5 et 5 millions de $ pour le même laps de temps. « Pour cette raison, nous demandons à la ministre d'annuler cet appel d'offres et de nous rencontrer pour qu'on en discute. Sa décision d'aller en appel d'offres ajoute une charge supplémentaire au budget du Québec », a déploré M. Dussault.

Quebecor écorché

Interrogé au cours de la même conférence de presse sur l'évolution des négociations entre le gouvernement et ses syndiqués, Gilles Dussault a dit ne pas s'attendre à une loi spéciale qui imposerait aux employés de l'État leurs conditions de travail.

« Mais vous autres avec 'Le Québec dans le rouge', peut-être que vous souhaitez ça », a-t-il répondu aux représentants du Journal et de TVA, en allusion à la série d'articles publiés récemment dans des médias de Quebecor sur l'état des finances publiques.

« Toute votre campagne est quand même extraordinaire. TVA, etc., vous êtes rendus le canon du patronat, mais ce que vous racontez n'est pas vrai (.). Pierre Karl Péladeau, c'est pas le genre d'allié qu'on aimerait avoir du côté des syndicats (.). Vous êtes en train s'essayer de faire croire aux Québécois qu'on n'a plus les moyens de se payer des services publics », a-t-il maugréé.

À l'occasion de sondages publiés dans la série « Le Québec dans le Rouge », 84 % des répondants disaient que l'argent public est mal administré par le gouvernement, tandis qu'environ trois quarts des sondés se sont dits favorables à la réduction de la taille de la fonction publique.

taieb.moalla@journaldequebec.com

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