Santé

Des services sont menacés, selon l'AQESS

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Johanne Roy @

Journal de Québec, Publié le:

Si le gouvernement limite la croissance des dépenses en santé à 3,2 %, il devra reconnaître que des services à la population seront menacés, prévient l'Association québécoise des établissements de santé et de services sociaux (AQESSS).

Depuis les années 2000, les budgets du réseau de la santé croissent annuellement de 5 % à 6 %, ce qui couvre à peine la hausse des coûts liés aux médicaments, aux nouvelles technologies et au vieillissement de la population, soutient l'AQESSS. Une hausse de 3,2 % pour la prochaine année signifierait un manque à gagner autour de 600 millions sur un budget global de près de 27 milliards. La région de Québec serait quant à elle privée d'environ 45 millions.

« L'impact serait significatif. On a fait le tour depuis des années des coupures possibles. Au CHA (Enfant-Jésus, Saint-Sacrement), 95 % des chirurgies se font dans les délais prescrits, grâce aux efforts accomplis dans la réorganisation des soins. Il y a quelques années, 200 chirurgies par an étaient reportées, comparativement à 30, l'an dernier, malgré les débordements à l'urgence », a fait ressortir, hier, Me Serge Vermette, porte-parole régional de l'AQESSS et président du conseil d'administration du CHA.

« On ne peut pas vouloir diminuer les listes d'attente et augmenter les services, tout en coupant dans la croissance des budgets. Si l'on obtient 5 % ou 6 %, on peut y arriver en se serrant la ceinture. À 3,2 %, on ne passe pas au travers. Lorsqu'il sera sur pied, le nouveau programme de fécondation in vitro représentera à lui seul des coûts annuels de près de 150 millions », a ajouté la directrice générale de l'AQESSS, Lise Denis.

Inquiétudes

« L'une de nos plus grandes inquiétudes concerne les services aux personnes âgées. Aucune somme additionnelle n'a été allouée, l'an dernier, pour le maintien à domicile, bien que nous desservons 8 000 personnes âgées de plus annuellement. Le manque à gagner dans la dernière année se situe autour de 35 millions. Si l'on voulait combler les retards budgétaires et augmenter le nombre de services à domicile, les établissements auraient besoin de 300 millions additionnels au cours des prochaines années », a soulevé Mme Denis.

Selon cette dernière, il serait temps d'augmenter les tarifs ambulanciers, qui n'ont pas été révisés depuis une dizaine d'années. « Du côté des soins de longue durée, on devrait hausser un peu le plafond des frais d'hébergement en fonction du revenu des usagers. Même chose pour l'assurance-médicaments qu'il faudrait regarder. Les participants au régime public paient une prime annuelle inférieure à ce qu'il en coûte dans le privé », a suggéré Mme Denis.

johanne.roy@journaldequebec.com

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