Le Groupe de défense des droits des détenus de Québec (GDDDQ) qualifie d'« échec coûteux » le plan d'infrastructures carcérales mis sur pied par le ministère de la Sécurité publique.
L'organisation a réagi par voie de communiqué, cette semaine, après que le ministère de la Sécurité publique ait déclaré en nos pages que la situation se soit « améliorée » dans les établissements de détention du Québec.
Faux, selon le GDDDQ, qui affirme que le taux d'occupation des prisons s'élevait à 116 %, le 31 janvier 2009. « Tout indique que l'argent dépensé pour l'ajout de 324 places temporaires dans le réseau correctionnel n'a rien changé. Tout indique que les 338 places qui seront créées par la construction de nouvelles prisons ne règleront pas le problème », signe Éric Bélisle, un intervenant au sein du groupe.
Ce dernier affirme que l'ajout de places en prison ne règle pas le problème de surpopulation carcérale. Il dénonce « les dépenses de plus de 500 millions de dollars dans le béton, en plus des 20 millions annuels que coûteront ces nouvelles places ».
« On manque actuellement de personnel et de programmes de réinsertion sociale dans nos prisons. Investir de telles sommes dans des infrastructures plutôt que dans la prévention de la criminalité et des mesures d'intervention visant la réinsertion sociale ne s'avère pas une décision éclairée », plaide-t-il.
Le GDDDQ demande au ministère de la Sécurité publique que « d'autres avenues soient envisagées ». Il exige aussi que soient dévoilées les plus récentes statistiques correctionnelles, dont la dernière mise à jour date de 2007.
Opinion maintenue
Le ministère de la Sécurité publique, pour sa part, maintient sa position : le phénomène de la surpopulation au sein des centres de détention de la province s'est amélioré au cours des dernières années, selon le porte-parole, Mario Vaillancourt.
Le ministère aurait d'ailleurs pris plusieurs mesures pour corriger les lacunes comme la construction de nouvelles prisons d'ici 2014 et la présence de journées de formation pour les agents correctionnels.
Il a été impossible de rejoindre Éric Bélisle, hier.
kathryne.lamontagne@journaldequebec.com