Les secrets de Bastarache
Une anagramme est « une figure de style qui inverse ou permute les lettres d'un mot ou d'un groupe de mots pour en extraire un sens ou un mot nouveau ». Un mystérieux lecteur, qui a probablement trop forcé sur la lecture des livres de Dan Brown, a fait remarquer au Journal que le nom « Bastarache » peut aussi être lu de cette façon : À bas Charest! « D'accord, ce n'est pas parfait comme anagramme, car le ''s'' est employé deux fois, mais c'est assez spécial, car toutes les lettres y sont », a ajouté notre correspondant. Intrigué par cette valse des mots, Le Journal a plongé à la recherche de quelques perles. (Marc) Bellemare peut ainsi se transformer en « remballée » (un signe annonciateur d'un futur refus de témoignage devant la commission Bastarache?), le commandant Cousteau deviendrait « tout commença dans l'eau » et Albert Einstein serait « rien n'est établi » (tout est relatif après tout!). Clint Eastwood se métamorphoserait en « old west action » et (Richard) Martineau se verrait confirmé comme « animateur » de télévision.
La récréation des députés
À bout d'arguments, le président de l'Assemblée nationale, Yvon Vallières, a fini par perdre son flegme proverbial, mardi. « S'il vous plaît! Ça donne l'allure d'une récréation. Ce n'est pas le cas », a-t-il rappelé à tous les députés. Du coup, un blogueur politique, qui n'en manque pas une, a immédiatement répliqué. « Il y a longtemps qu'il (M. Vallières) n'a pas mis les pieds dans une cour de récréation, les enfants y sont beaucoup plus disciplinés! » a-t-il osé.
Quand Agnès Maltais « pogne »
Cette semaine, à la sortie d'une commission parlementaire, la péquiste Agnès Maltais est tombée nez à nez avec un énième groupe d'écoliers qui faisait la visite de la maison du peuple. « Bonjour Mme Maltais », ont répété plusieurs jeunes à sa vue. La députée de Taschereau n'avait pas l'air trop contrariée quand Le Journal lui a glissé que c'étaient peut-être de futurs électeurs péquistes.
Où est « Charlie » Khadir?
Désireux d'assister au maximum de commissions parlementaires, le député « solitaire » Amir Khadir a failli manquer une rencontre de presse (ce qui arrive très rarement à cet amoureux des « kodaks »). Certains cameramen de la tribune de presse, particulièrement mauvaise langue, se sont amusés à observer les relationnistes de Québec solidaire en train de jouer à la version politique moderne du fameux Où est Charlie? « Vous avez un seul député et vous réussissez quand même l'exploit de le perdre! » se sont cruellement amusés les confrères, en s'adressant aux relationnistes du parti de gauche. « Amir ne possède pas encore le don d'ubiquité », a regretté un porte-parole.
Les métaphores de Jean Tremblay
Grâce à ses formules uniques, le maire de Saguenay a réussi à égayer les travaux de la commission chargée de discuter du projet de loi 94 portant sur les balises encadrant les demandes d'accommodement. « Vous avez une très forte écoute ici et les cotes de popularité de cette commission sont grandissantes », lui a d'emblée signalé le président libéral de la commission, Claude Bachand. Voici des morceaux choisis de l'intervention de Jean Tremblay.
- « Le plus laïc au Québec, c'est moi. Je suis pour la laïcité à mort (...). Un catholique n'est pas supérieur à un athée. J'aime mieux un catholique, puis je voudrais que tout le monde soit catholique, mais il y a des façons de le faire. »
- « Dans quelques années, on va tous être au cimetière. Tu ne peux pas faire autrement que d'y penser. Moi, je ne pense pas que je serai une fleur. Si je pensais que j'étais une fleur, je me paierais la traite plus que ça. Mais là, je me dis que je me paierais la traite après. »
- Évoquant un récent voyage à Toronto, le maire a révélé y avoir croisé une femme portant un niqab (voile intégral). « Je regardais son chum, c'était plus fort que moi. Je ne l'aimais pas son chum. »
- « C'est une religion (l'islam) qui a un milliard d'adeptes. Il doit y en avoir quelques-uns qui ont du bon sens quand t'en as un milliard. »
- Interrogé sur une possible « prière musulmane » qui serait lue au début des assemblées du conseil municipal de Saguenay, le maire Tremblay a répondu qu'il n'y verrait a priori pas de problème. « Dans notre prière, on demande à Dieu de nous éclairer. Je ne crois pas qu'un musulman s'opposerait à ça. Ça prendrait un drôle de musulman pour dire : je ne veux pas que vous demandiez à Dieu de vous éclairer. »
- « Notre culture, les Canadiens français, est en danger. Elle ne s'appuie pas seulement sur nos vagues d'humoristes ou même sur le hockey. Ce n'est pas ça la principale base de notre culture. »
André Drouin fait réagir
Comme Le Journal l'a rapporté hier, l'ex-conseiller municipal d'Hérouxville, André Drouin, a invité le gouvernement à fermer le robinet de l'immigration. Cette prise de position plutôt singulière a valu à M. Drouin ce message assassin sur Twitter. « Le vrai problème du Québec, c'est d'intégrer les André ''Hérouxville'' de ce monde », pouvait-on lire sur le réseau social.
Mgr Ouellet s'invite aux débats
Interrogé sur l'enquête visant la compagnie de sécurité BCIA, le ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, a fait savoir que « les enquêtes policières, c'est confidentiel. Puis, deuxièmement, il faut surtout faire attention de ne pas les faire avorter. » Sur les bancs de l'opposition péquiste, certains se sont amusés à demander si M. Dupuis faisait référence au même type d'avortement que celui dont parlait Mgr Marc Ouellet, la semaine dernière.
Dernière minute
Extrait d'un communiqué très officiel envoyé hier, à 15 h 26, par le Parti québécois. « Veuillez prendre note que la députée de Charlevoix et chef de l'opposition officielle, Pauline Marois, sera présente lors de la partie de hockey qui opposera les Canadiens de Montréal aux Flyers de Philadelphie samedi après-midi au Centre Bell. » Le Journal ne pouvait décemment pas passer cette information capitale sous silence.
La phrase « musclée » de la semaine
« Si ma formation politique aurait (sic) plus de temps, je lui aurais fait sa fête, au ministre (Clément Gignac), vous pouvez être certain », a lancé le viril adéquiste François Bonnardel.
La phrase « magnanime » de la semaine
« Il s'est adressé à vous d'une façon, M. le Président, que je ne veux pas répéter. Mais, M. le Président, vous ne devez pas accepter ça. Vous devez lui dire de s'adresser à vous avec respect, pour vous et pour l'institution », a soumis Jacques Dupuis, leader parlementaire du gouvernement, au président Vallières.