Les jeunes adultes québécois n'accepteront pas de se faire imposer le cégep obligatoire en français, une mesure qui ne correspond pas à leur ouverture sur le monde, selon la ministre Christine St-Pierre.
La ministre responsable de la Charte de la langue française, réagissait ainsi aux propos de l'ancien premier ministre Bernard Landry, qui croit qu'il est temps d'assujettir la loi 101 aux cégeps.
Ainsi, Québec viendrait restreindre l'accès aux cégeps anglais uniquement à la minorité anglophone traditionnelle. Les allophones et francophones devraient fréquenter obligatoirement un cégep francophone.
«Les jeunes ne suivront pas la le PQ dans cette voie. Ce n'est pas une vision que les jeunes vont adopter. Je trouve ça choquant. C'est un repli sur soi. Les jeunes sont allumés et ouverts sur le monde. Ils veulent constamment ajouter des cordes à leur arc. Ils préparent leur carrière et il ne faut pas empêcher ça. Ils ne veulent pas de limites à leur apprentissage», mentionne Mme St-Pierre. Une mesure plus positive et conviviale serait mieux appropriée. Elle prône d'ailleurs l'idée du libre choix.
Selon la ministre, les jeunes adultes sont aptes à prendre leurs propres décisions à l'âge où ils fréquentent les établissements d'enseignement collégial.
Des progrès
M. Landry a affirmé que «le collège anglophone doit être réservé à notre minorité anglophone traditionnelle de 8%.»
«Le Québec s'est bien développé et nous avons réussi à bâtir une province forte. Nous sommes en progression», ajoute la ministre.
Mme St-Pierre soutient que beaucoup de jeunes anglophones et allophones s'intéressent à la culture québécoise. Certains sont capables de donner des entrevues dans un français convenable, une situation qui a beaucoup changé depuis 25 ans.
Elle mise également sur les progrès réalisés depuis dix ans. Aujourd'hui, 60% des allophones fréquentent un cégep français, une augmentation de 20%.
La ministre reproche à M. Landry de ne pas tenir le même discours qu'au moment où il était au pouvoir. Enfin, Mme St-Pierre estime important que la chef péquiste Pauline Marois se prononce sur le sujet.