gaz de schiste

Québec ira en consultation

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Jean-Louis Fortin @

Journal de Montréal, Publié le:

Les ministres Nathalie Normandeau et Pierre Arcand ont annoncé hier, au parc du Mont-Saint-Bruno, une vaste consultation publique sur l'exploitation du gaz de schiste au Québec.

© PHOTO AGENCE QMI

Les ministres Nathalie Normandeau et Pierre Arcand ont annoncé hier, au parc du Mont-Saint-Bruno, une vaste consultation publique sur l'exploitation du gaz de schiste au Québec.

SAINT-BRUNO-DE-MONTARVILLE | Québec a lancé hier une vaste consultation publique sur l'exploitation controversée du gaz de schiste dans la vallée du Saint-Laurent.

Cette annonce n'a toutefois pas satisfait les personnes qui s'opposent à l'exploitation de cette forme d'énergie et qui réclament un moratoire jusqu'à ce que les impacts possibles sur l'environnement et la santé soient connus. C'est le Bureau d'audiences publiques en environnement (BAPE) qui aura le mandat d'entendre les citoyens, les municipalités et les organisations dès cet automne.

Les consultations auront lieu dans les régions de Chaudière-Appalaches, du Centre-du-Québec et de la Montérégie, et le rapport final sera déposé le 4 février 2011.

À terme, le gouvernement Charest doit se servir des conclusions du BAPE pour élaborer la future Loi sur les hydrocarbures, laquelle réglementera l'industrie québécoise du gaz naturel.

Hier, lors d'une conférence de presse à Saint-Bruno-de-Montarville, sur la Rive-Sud de Montréal, la vice-première ministre Nathalie Normandeau a été très claire à propos des ambitions de sa formation politique.

« Nous avons une formidable opportunité, celle d'exploiter du gaz naturel 100 % québécois. (.) Notre gouvernement fait le choix de créer des emplois ici », a-t-elle déclaré.

Actuellement, les Québécois importent chaque année pour 2 milliards de dollars de gaz naturel provenant principalement de l'Ouest canadien.

Feu vert à l'exploration

En réponse à la cinquantaine de bruyants manifestants qui s'étaient déplacés pour dénoncer les risques environnementaux de l'exploitation gazière, la ministre a choisi de souligner l'attrait économique du gaz naturel.

« Deux cents millions de dollars ont été investis pour l'exploration depuis 2007. On entrevoit qu'un milliard de dollars par année pourraient être investis au Québec pour l'exploitation », a exposé Nathalie Normandeau.

Pas question d'un moratoire sur l'exploration gazière jusqu'à ce que les conclusions du BAPE soient connues, a pour sa part ajouté le ministre du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs, Pierre Arcand. Québec interdira par contre l'exploitation commerciale du gaz jusqu'en 2014, le temps qu'un cadre réglementaire soit appliqué.

L'industrie fera le point

L'Association pétrolière et gazière du Québec, qui représente les intérêts de l'industrie, présentera aujourd'hui ses plans pour l'exploitation du gaz de schiste, lors d'une conférence de presse à Bécancour.

Son président André Caillé, ancien PDG d'Hydro-Québec, tentera d'apaiser les craintes dans l'opinion publique concernant la santé et la protection de l'environnement.

Nathalie Normandeau ne voit pas de problème à ce qu'un tel événement ait lieu en parallèle avec la consultation publique lancée hier. « Ce n'est pas le gouvernement qui contrôle l'Association (pétrolière et gazière du Québec). Ils ont la responsabilité de dire ce qu'ils font et comment ils le font », a-t-elle plaidé.

La semaine dernière, M. Caillé a affirmé que les entreprises qui veulent extraire les hydrocarbures sont contraintes de respecter « un encadrement serré » de la part du gouvernement du Québec. Selon lui, l'exploitation du gaz de schiste pourrait générer « 7500 emplois de qualité par année au cours des 15 prochaines années ».

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