Après Jean-Paul Boily, voilà qu'un homme d'affaires de Québec, Charles Lacroix, affirme lui aussi que Vision Québec, l'ancien parti municipal de Marc Bellemare, aurait sollicité l'aide du collecteur de fonds libéral Franco Fava, en 2005.
« Ce que dit Jean-Paul Boily, c'est la vérité », a dit M. Lacroix au Journal. Ce dernier soutient avoir été présent lors d'une rencontre de financement de Vision Québec, le 21 mars 2005, dans un restaurant du boulevard Laurier, à Sainte-Foy, avec une quinzaine d'autres personnes.
Franco Fava, Marc Bellemare, Georges Lalande, Michel Gagnon, ex-directeur de cabinet de M. Bellemare, de même que Michel Noreau, représentant officiel de Vision Québec, étaient au nombre des gens présents, affirme-t-il.
« Moi, j'étais là parce que j'étais intéressé par la création d'un nouveau parti, pour faire face au parti d'Andrée Boucher. C'est feu Pierre Reny qui m'avait pressenti pour cet événement », a-t-il précisé.
Bellemare continue de nier
Hier, Marc Bellemare a nié, une fois encore, avoir sollicité l'aide de Franco Fava pour du financement en 2005, dans le cadre de sa campagne à la mairie de Québec. L'ex-ministre de la Justice dit ne pas avoir souvenir d'une rencontre de financement pour le parti municipal, le 21 mars 2005, c'est-à-dire plus d'un an après avoir prétendument subi des « pressions indues » du collecteur de fonds libéral pour la nomination de juges.
« Je n'ai aucun agenda de ça. Aucun calendrier, a-t-il soutenu, devant la commission Bastarache. Je n'ai jamais fait affaire ou fait appel à Franco Fava pour la campagne municipale, que ce soit celle de 2005 ou celle de 2007. (...) Je n'ai aucun souvenir de l'avoir vu à quelque réunion que ce soit », a-t-il insisté.
M. Bellemare n'a pas non plus souvenir d'avoir croisé l'avocat et militant libéral Jean-Paul Boily à des rencontres politiques concernant Vision Québec.
Boily persiste et signe
Cette version est contestée par M. Boily, qui persiste et signe. « À quel jeu joue-t-il? » a-t-il dit hier, lors d'un entretien au Journal. Selon M. Boily, c'est l'ex-ministre lui-même qui l'aurait pressenti pour participer à cette rencontre, où allait être présenté un plan de financement pour la campagne de Vision Québec.
« Je ne sais pas qui avait invité les autres, mais en ce qui me concerne, c'est Marc Bellemare qui m'avait parlé et qui m'avait dit : écoute, il y a des gens qui vont être là. Il m'avait donné des noms, dont Franco Fava », précise-t-il.