Au moins 51 % des Québécois désirent l'équilibre financier de la province dès le prochain budget, contrairement au plan du gouvernement qui le prévoit plutôt en 2013.
C'est ce qui ressort d'un sondage Léger Marketing rendu public aujourd'hui par l'Institut économique de Montréal.
Selon le vice-président de l'Institut, M. Jasmin Guénette, cela montre que les contribuables québécois sont lucides et à quel point le gouvernement ne répond pas à leurs attentes.
« Avec un endettement collectif de 223 milliards de dollars, ça montre que les gens veulent avoir des finances saines et le plus rapidement possible. L'échéancier fixé par le gouvernement est donc trop long », dit-il.
Dépenses
Quant aux moyens pour effacer les déficits, 81 % des Québécois privilégient une réduction des dépenses gouvernementales, alors que seulement 11 % préfèrent plutôt une hausse de taxes et d'impôt.
Une cure d'amaigrissement est donc souhaitée majoritairement au Québec.
« La réduction des dépenses n'est pas un enjeu de partisanerie politique, ce n'est pas un enjeu générationnel... Ça touche tout le monde. C'est un enjeu de société, car l'opinion est assez claire sur le sujet, les gens veulent voir le gouvernement agir », exprime-t-il.
Fonctionnaires
L'enquête s'est aussi attardée à la taille de l'État québécois. Il en résulte que six Québécois sur 10 (62 %) considèrent que les fonctionnaires sont trop nombreux.
« Au milieu des années 90, on comptait 459 000 fonctionnaires et en 2009, selon la CARRA, il y en a 549 000. C'est donc une hausse de 20 %, alors qu'on devait en éliminer un sur deux. Les gens n'ont pas l'impression d'en avoir pour leur argent », lance le vice-président de l'Institut.
Quant aux salaires des employés du gouvernement, ils sont respectables pour la moitié des Québécois.
Les hausses de 7 % accordées sur cinq ans, qui peuvent être majorées jusqu'à 3,5 % selon la performance de l'économie québécoise, sont acceptables pour 50 % des Québécois, alors que le tiers (32 %) les considèrent comme trop généreuses.
Relance
Enfin, la relance économique du Québec est toujours au cœur des préoccupations des gens de la province, puisque la moitié d'entre eux (48 %) disent qu'une réduction des impôts est le meilleur moyen pour stimuler l'économie.
« Donc, en ayant plus dans leurs poches, ils pourraient consommer et épargner davantage », exprime le vice-président.
L'autre moitié des Québécois (45 %) préfèrent de nouveaux investissements publics pour créer de l'emploi.
Le sondage a été fait entre les 6 et 10 octobre auprès de 1 000 personnes avec une marge d'erreur de 3 %, 19 fois sur 20.