Le Journal à Paris
La culture au premier plan
© Taïeb Moalla
Jean Charest en point de presse à l'Hôtel Matignon en compagnie du premier ministre de la France, François Fillon.
« Pour les Américains, la question de la culture, c'est une question de commerce. Pas pour nous », a rappelé M. Charest, en point de presse à Matignon, siège du premier ministre de la France. Fort de ce constat, Jean Charest prévient que la future entente devra exclure la culture du champ mercantile.
« Ça va de soi quant à nous, mais trop fort ne casse pas, comme on dit au Québec », a-t-il expliqué.
Le premier ministre s'est cependant refusé à nommer les pays européens qui semblent moins sensibles à la question de la culture. Il a tout juste donné l'exemple de l'accord bilatéral de commerce entre le Maroc et le États-Unis dans lequel il n'a pas été tenu compte de « l'exception culturelle » pourtant préconisée par l'Unesco.
Le Québec et la France sont d'ardents promoteurs de l'entente Canada - UE que Jean Charest appelle de ses vœux depuis au moins deux ans. L'accord en est actuellement au stade de la négociation. Aucun échéancier n'a été fixé pour son entrée en vigueur.
Croisé à Paris en marge d'une des activités de Jean Charest, l'ancien premier ministre Pierre Marc Johnson, négociateur en chef du Québec dans ces pourparlers, a laissé entendre que la question culturelle ne constituait pas pour l'instant une difficulté majeure à la conclusion de la future entente. « Les poids lourds dans la négociation comprennent de part et d'autre que l'exception culturelle est importante », a-t-il lâché.
Le Grand Nord
Jean Charest a affiché une entente quasi parfaite avec François Fillon. « On est tellement en phase l'un avec l'autre qu'on s'est tous les deux tapé un vote de confiance cette semaine avec succès et on s'est donné notre confiance mutuelle pour finir la semaine », a blagué Jean Charest.
Le premier ministre de la France a ensuite annoncé qu'il fera une visite au Québec « l'été prochain », possiblement en juin. Il accompagnera Jean Charest dans le Grand Nord. Il sera beaucoup question du Plan Nord au cours de ce déplacement qui pourrait s'inscrire dans le cadre plus formel d'une « visite alternée » des deux premiers ministres. Même si 2011 sera une année préélectorale fort chargée en France, M. Fillon a tenu à venir au Québec, allant même à l'encontre de l'avis de la plupart de ses conseillers, nous a-t-on glissé à l'oreille.
Interrogé par ailleurs sur le fameux « non-ingérence, non-indifférence », qui a longtemps défini les relations entre la France et le Québec, François Fillon s'est montré plus proche de la position du président Sarkozy que du numéro deux de son propre gouvernement, Alain Juppé.
« Le président de la République avait dit que le Québec, c'était notre famille, et le Canada, nos amis. C'est une formule qui me semble tout à fait d'actualité. Je vais simplement ajouter que nous avons beaucoup d'amitié pour notre famille », a-t-il noté avec humour.
28 projets
Jean Charest et François Fillon ont signé hier 28 projets de coopération économique et technique entre des entreprises, des centres de recherche et des universités du Québec et de la France. Ces projets touchent les secteurs de l'aéronautique, des biotechnologies, des nouveaux matériaux/textiles techniques et de la nutrition/neutraceutiques.
taieb.moalla@journaldequebec.com

