Crise au PQ

Curzi et Beaudoin ont des remords

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Taïeb Moalla @

Journal de Québec, Publié le: | Mise à jour:

Les députés Pierre Curzi et  Louise Beaudoin regrettent d'avoir claqué la porte.

© Stevens Leblanc

Les députés Pierre Curzi et Louise Beaudoin regrettent d'avoir claqué la porte.

Les députés Pierre Curzi et − à un degré moindre − Louise Beaudoin regrettent d'avoir claqué, de façon précipitée, la porte du caucus du Parti québécois.

C'est ce que plusieurs sources au Parti québécois nous ont fait savoir, mercredi, sous réserve de l'anonymat. Le nouveau président du PQ, Raymond Archambault, avait ouvert le bal de ces confidences en rapportant que certains des démissionnaires réfléchissaient à l'idée de retourner au bercail.

« Il y a des gens qui, peut-être, songeraient à reculer l'horloge (.) Y en a certains qui regrettent, mais je ne veux pas donner de noms. Ils s'annonceront eux-mêmes. Il y a des gens, peut-être, qui ont agi de façon spontanée et prématurée », a fait savoir M. Archambault à la sortie du caucus du Parti québécois.

Selon les informations du Journal, M. Archambault faisait essentiellement allusion à Pierre Curzi. De nombreuses personnes au PQ ont noté qu'il fut le moins virulent des quatre au moment où il a annoncé qu'il voulait retrouver sa liberté de parole.

Mercredi, le député de Borduas s'est contenté d'envoyer un commentaire difficilement déchiffrable sur sa page Facebook. « Le geste que nous avons posé a ouvert un débat sur la responsabilité civique des citoyens sur leurs institutions démocratiques et sur leurs exigences à l'égard de la classe politique. Nous devons prendre le temps de faire ce débat », a-t-il écrit, sibyllin.

Mardi soir, en entretien avec le Journal, Louise Beaudoin a semblé fermer la porte à un éventuel retour au caucus du PQ. L'autorisation d'un vote libre sur le controversé projet de loi privé 204 n'allait rien changer à sa décision, a assuré la députée de Rosemont. Hier, Mme Beaudoin était injoignable, mais des péquistes bien informés ont soutenu qu'elle a regretté son geste, à peine quelques heures après l'avoir posé.

Aussant et Lapointe

Les cas de Jean-Martin Aussant et de Lisette Lapointe sont plus compliqués à gérer pour le PQ. En s'attaquant frontalement au leadership de la chef, le député de Nicolet-Yamaska a franchi une ligne rouge. « Même si ce n'est pas impossible, ce sera très difficile à pardonner », murmurent les péquistes. M. Aussant n'a pas rappelé le Journal, mais il a confié au réseau TVA qu'il était toujours « à l'aise avec sa décision » et qu'il allait prendre l'été pour réfléchir à son avenir politique.

S'agissant de Lisette Lapointe, le divorce semble tellement consommé que Mme Marois a lâché, en matinée, que la députée de Crémazie n'était plus « la bienvenue » au caucus péquiste. Plus tard dans la journée, la chef a tempéré sa position en se laissant convaincre qu'il était inutile de provoquer davantage la conjointe du toujours influent Jacques Parizeau.

Avec beaucoup de candeur, Danielle Doyer, députée de Matapédia, a résumé l'opinion d'une majorité de députés de sa formation politique en taclant sévèrement Lisette Lapointe. D'après Mme Doyer, son ex-collègue Lapointe empêchait souvent les péquistes « de respirer et de dire ce (qu'ils) pensent ».

Bref, si « l'atmosphère est irrespirable » au PQ, Lisette Lapointe y serait pour beaucoup, admettaient, mercredi, plusieurs péquistes.

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