Le soccer est en pleine expansion dans la région de Québec et, au cours des 20 dernières années, le nombre de joueurs a plus que quadruplé.
« Lorsque j'ai commencé à travailler à l'ARSQ, en 1989, la région comptait seulement 6 000 joueurs et trois employés permanents, dont moi. À ce moment, je planifiais les calendriers des parties des ligues Québec métro et Lévis-Les Chutes, le guide administratif, les communications avec les médias et plusieurs autres tâches connexes», se souvient Helder Duarte, directeur technique depuis 17 ans.
Même l'hiver
« Vingt ans plus tard, il y a 27 000 joueurs dans la région de Québec et cinq permanents à l'ARSQ, poursuit Duarte. Lorsque j'ai lancé l'idée d'avoir des directeurs techniques dans chaque équipe, on a dit de moi que j'étais un rêveur. Aujourd'hui, c'est devenu la norme et une des raisons pour laquelle le soccer a autant progressé. Dans la province, la région de Québec est celle qui a le plus évolué, autant sur les plans scolaire, civil, collégial et universitaire. »
Les habitudes des adeptes de soccer québécois ont aussi beaucoup évolué.
« Personne ne s'entraînait en hiver et on commençait la préparation de la saison un petit mois avant qu'elle ne débute. De nos jours, il y a des ligues hivernales et les joueurs sont plus sérieux.
« J'attribue ce changement à la popularité du sport. Celui-ci est pris en charge par des gens avec de meilleures connaissances. Les exigences pour être entraîneur dans la LSEQ sont aussi beaucoup plus relevées. La qualité du jeu est incomparable à celle d'antan. »
Rouge et Or
La mise sur pied d'une équipe de soccer à l'Université Laval a permis aux Québécoises de pratiquer leur sport chez elles.
« Le 26 février 1994, rappelle Duarte, pour promouvoir le soccer féminin, nous avons organisé un match entre les étoiles collégiales de Québec et l'équipe du centre national d'entraînement de Montréal. Nous avons perdu 10-0. Je m'en souviens très bien parce que le match était à 13 h et ma fille Amélie est née à 7 h le même jour.
« Les entraîneurs des Universités de Sherbrooke, McGill, Trois-Rivières et Concordia ont assisté au match. J'ai donc réalisé que ça n'avait pas de bon sens que nos filles quittent la région pour jouer et diriger au niveau universitaire. C'est pourquoi j'ai mis sur pied le Rouge et Or féminin.
« La première année, j'ai dû débourser 1 500 $ de ma poche pour, entre autres, acheter de l'équipement, payer le stationnement, les déplacements de l'équipe à l'extérieur. Je l'ai fait parce que j'étais convaincu que ça fonctionnerait. Les arbitres ont même accepté de travailler sans salaire.
« La première année (calendrier hors concours), nous avions maintenu un dossier de 4-0-2. Si nous avions joué officiellement dans la ligue universitaire, nous aurions fait les séries. »
Aujourd'hui, le Rouge et Or loge parmi l'élite du circuit québécois.