Ski acrobatique / Lake Placid

La montagne des minces espoirs

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Alain Bergeron @

Journal de Québec, Publié le:

? L'épreuve de Lake Placid est déterminante pour certains skieurs acrobatiques désirant participer aux Jeux de Vancouver, dont Audrey Robichaud.

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? L'épreuve de Lake Placid est déterminante pour certains skieurs acrobatiques désirant participer aux Jeux de Vancouver, dont Audrey Robichaud.

L'obsession olympique achève de triturer les skieurs acrobatiques québécois. L'intense qualification se termine à Lake Placid, aujourd'hui et demain, d'où les bosseurs et sauteurs quitteront avec deux sentiments tranchés : résignation ou soulagement.

La formule complexe de sélection conçue par l'Association canadienne de ski acrobatique vient à échéance avec cette Coupe du monde. Jusqu'à sa limite, on pourra dire de ce supplice qu'il a nourri un suspense parmi les prétendants. Et cassé la tête de quiconque s'évertuant à le comprendre.

Le Canada déploiera un contingent de 18 skieurs aux Jeux de Vancouver dans les trois disciplines confondues des bosses, des sauts et du ski cross. La répartition se complique quand on se rappelle qu'elle devra compter un maximum de 10 athlètes par genre et un maximum de quatre par genre dans chaque discipline.

Pour certains, Whiteface devient la montagne du dernier espoir. En bosses comme en sauts, il reste une occasion pour se glisser dans le classement des 18 élus, lequel répertorie les quatre meilleurs résultats de chacun en Coupe du monde depuis la saison dernière, dont deux qui doivent obligatoirement être enregistrés cette saison-ci.

« J'ai peur de manquer de temps », avoue Audrey Robichaud, spécialiste des bosses, à qui il faut rien de moins qu'un podium au concours d'aujourd'hui pour espérer filer vers Vancouver.

Sans merci

L'exemple de la skieuse de Val-Bélair, participante aux Jeux de Turin en 2006, témoigne d'un processus de qualification sans pardon. Ses trois top 10 aux trois dernières Coupes du monde (8e, 9e et 10e) ne permettent pas encore de sauver sa saison 2008-2009 couci-couça. Rien pour aider, bien faire ne suffit plus quand on dépend également des résultats des autres athlètes dans les deux autres spécialités, notamment ceux du ski cross à qui il reste une autre Coupe du monde pour se justifier, à Lake Placid dimanche.

« Moi, je suis correct. J'ai dit à ma blonde qu'elle pouvait acheter ses billets d'avion pour Vancouver », se réjouit Vincent Marquis, pour qui la deuxième place à Calgary, il y a deux semaines, est venue bonifier ses deux podiums de la saison passée.

Lourdes commandes

Selon le classement provisoire, si les Jeux débutaient aujourd'hui, la délégation compterait sept skieurs en bosses (quatre hommes et trois fem­mes), cinq en sauts (quatre hommes et une femme), puis six en ski cross (quatre femmes et deux hommes).

Arrêtons de penser à Archimède pour nous aider à résoudre les multiples possibilités. Voici la commande ultime qui attend aujourd'hui chacun des Québécois espérant participer à la grand-messe olympique : Philippe Marquis (gagner la médaille d'or), Audrey Robichaud (un podium) et Chloé Dufour-Lapointe (un top 7).

« Il me faut être réaliste », convient Philippe Marquis, frère de l'autre. « Il y a eu une énorme pression depuis les Fêtes, mais je suis content d'y avoir goûté. Je suis jeune et ça me servira pour les prochaines années », dit-il.

Des obligations de même nature attendent les jeunes sauteurs au concours de demain soir. Olivier Rochon doit faire mieux que le vétéran Ryan Blais et Sabrina Guérin doit finir parmi les huit premières.

Facile!

Doit-on skier sur les talons?

La malédiction des dernières semaines qui a affligé l'équipe canadienne de ski alpin plane au-dessus de la montagne à Lake Placid. Quand on a déjà un pied à Vancouver, pourquoi risquer de briser l'autre à la dernière épreuve avant les Jeux?

« Je ne skie pas pour ne pas me blesser, nous donne comme réponse un brin tordue Alexandre Bilodeau, quatrième au classement de la Coupe du monde de ski acrobatique. Ceux qui me connaissent savent que je suis compétitif. Quand je monte sur la deuxième marche du podium, j'ai un petit sourire, mais je ne suis pas entièrement satisfait. »

Rousseau se questionne

Le parcours, dessiné dans la portion la plus au sommet de Whiteface Mountain, ne fait pas l'unanimité parmi les skieurs québécois. Il ne donne pas dans la ouate, disent certains, avec ses bosses trop rapprochées.

Pierre-Alexandre Rousseau, pour sa part, pourrait vouloir épargner le ménisque irrité de son genou droit, douleur qu'il traîne depuis quelques semaines. Il pourrait aller jusqu'à déclarer forfait.

« Les résultats de certains skieurs canadiens en ski cross, à leur course d'hier, pourraient influencer ma décision de jeudi. Ma présence à Vancouver est pratiquement réglée et ce n'est pas le temps de m'énerver, à trois semaines des Jeux», disait-il.

Différence au sommet

De tous les attributs olympiques que garde jalousement Lake Placid, la station de ski Whiteface Mountain créerait des envies chez les promoteurs de Québec pour les Jeux de 2022.

Le Massif de Petite-Rivière-Saint-François, avec ses 2 645 pieds d'élévation, demeure la principale épine dans le pied de Québec. Il lui manque un peu de hauteur pour répondre aux standards de la descente masculine dictés par la Fédération internationale de ski, un problème qui ne se poserait pas avec les 4 650 pieds d'altitude d'où s'élance le domaine skiable de Whiteface.

Une simple route nous y conduit depuis l'autoroute 87 et il faut compter une heure pour y accéder. Cet accroc majeur, qui n'a pas été amélioré depuis les Jeux de 1980, explique pourquoi la FIS s'en remet annuellement aux Rocheuses du Colorado pour y tenir ses épreuves de la Coupe du monde de ski alpin.

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