Exclus du podium pour la première fois de la saison, les skieurs québécois ont suscité des émotions pour d'autres raisons, hier, à la Coupe du monde de ski acrobatique de Lake Placid. Des soupirs de soulagement comme des pleurs se sont échappés de la montagne à cette dernière épreuve de sélection olympique pour les spécialistes des bosses.
Voir Alexandre Bilodeau (4e), Philippe Marquis (6e) et Chloé Dufour-Lapointe (5e) rôder autour du podium n'a causé aucune catastrophe parmi les sept bosseurs virtuellement qualifiés pour Vancouver, soumis au même processus de sélection que les adeptes des sauts et du ski cross. Au mieux, Dufour-Lapointe a conforté sa position dans le groupe sélect des 18 athlètes en compagnie des collègues de sa discipline que sont Jennifer Heil, Kristi Richards, Bilodeau, Vincent Marquis, Pierre-Alexandre Rousseau et Maxime Gingras.
« La semaine dernière, à Deer Valley, c'était incroyable comment j'avais des papillons dans l'estomac. Ici, quand j'étais au haut de la piste, je me suis dit : allez Chloé, donne tout ce que tu peux, mais skie avec le sourire. C'est ce que j'ai fait et je pense que c'est la meilleure recette », a commenté la Montréalaise de 18 ans.
Ça tire à sa fin
Maintenant qu'il ne reste qu'un concours de sauts, aujourd'hui, puis un dernier en ski cross, dimanche, le nombre de si et de peut-être a diminué dans le système de pointage conçu par l'Association canadienne de ski acrobatique. Grosso modo, seuls des podiums ou même une médaille d'or pourraient sauver des prétendants actuellement exclus du groupe des 18. Ce fut un peu le cas de Philippe Marquis, hier. Résigné à devoir mettre une croix sur Vancouver, le skieur de Québec a mis toute la gomme en finale et accepté le sort qu'il connaissait déjà.
« Quand tu te lèves le matin et que tu sais que, pour espérer aller aux Jeux olympiques, il te faut absolument gagner la médaille d'or, tu n'es pas gros dans tes shorts! » a exprimé le rigolo, qui a retranché une seconde en finale sur sa descente à la séance de qualifications du matin.
Robichaud, défaite
Toute cette pression accumulée par les athlètes depuis la mi-décembre, hypnotisés qu'ils étaient par l'espoir d'obtenir les rares billets pour les Jeux de Vancouver, a mené à des réactions diverses sous un ciel sans nuages. La peine vécue par Audrey Robichaud, pour qui la 15e place l'oblige à oublier Vancouver à tout jamais, illustrait bien la somme émotive engagée par chacun des prétendants dans le processus de sélection olympique.
« Je suis super triste et j'aurais évidemment aimé participer à mes deuxièmes Jeux olympiques. La pression de réussir m'a « pognée » tout d'un coup cette semaine. Je trouve juste dommage qu'on soit en compétition avec le ski cross. Ça nous pénalise », a décliné, les yeux rougis, celle qui avait pris le neuvième rang aux Jeux de Turin.