Asthmatique, Olivier Collin a appris à s'épargner des crises en se tenant loin des chats. Manifestement, on lui découvre plus d'affinités avec les lièvres depuis qu'il a fait exploser un record de l'athlétisme québécois qui dormait sous la poussière depuis 33 ans.
Le 5 juin, à l'occasion du Meeting international des Flandres dans le stade d'Oordegem, en Belgique, le coureur de Saint-Lazare a annoncé le sérieux de ses promesses. Son chrono de 3 m 38,25 s a abaissé de près d'une seconde le record du Québec sur 1 500 mètres qui n'avait pas bougé depuis 1977.
Maintenant, il n'y a plus de doute qu'un nouveau nom émerge de la course de demi-fond au Canada.
« Si vous m'aviez dit il y a trois mois que je réussirais à faire 3 m 38 s, je ne vous aurais pas cru. C'est en analysant toute ma saison que je mesure mieux aujourd'hui la valeur de mon entraînement », observe l'athlète du club Vaudreuil-Soulange, qui a amélioré de huit secondes en un an sa marque personnelle.
Collin entend profiter du championnat canadien pour rappeler à Taylor Milne, âgé de 29 ans, qu'il vaudrait mieux pour lui de regarder dans son rétroviseur. Un jeune blanc-bec de 21 ans approche. Ce rendez-vous de Toronto, avec l'enjeu du titre national qu'il comporte, devrait rendre la course axée davantage sur la tactique que sur la vitesse.
Écarter le doute
Si la logique les laisse s'échapper de la demi-finale de cet après-midi, le match de demain s'annonce enlevant entre le Québécois et la valeur sûre de Guelph, semée lors de l'épreuve en raison de son 3 m 36,30 s enregistré à Barcelone, il y a trois semaines.
« Je n'ai jamais couru contre lui. Tout va dépendre comment sera lancée la course et il ne faut pas oublier qu'il y a aussi des gars qui ont fait 3 m 40 s, 3 m 42 s. C'est sûr, par contre, que j'aimerais laisser un message. Je ne veux pas que les gens doutent de moi après mon 3 m 38 s. Je veux faire ma place », annonce Collin, qui se joindra dans quelques semaines à l'équipe de l'université Fresno State, en Californie.
Un choix à faire
Bien servi par une carrière parallèle en cross-country, Collin se montre autant à l'aise sur 800 m que sur 1 500 m. Mais il sait trop bien que la carrière internationale qui s'ouvre devant lui l'obligera à faire un choix avant longtemps. Son idée semble déjà arrêtée.
« J'ai plus d'avenir dans le 1 500 m. Si je veux participer aux championnats du monde en 2011 et aux Jeux olympiques en 2012, il me faut prendre le plus d'expérience possible dans le 1 500 m. Et ça commence ici. »
Non à la police
L'agenda des cinq à six prochaines années apparaît bien défini et certaines de ses récentes décisions le démontrent. Diplômé en techniques policières du collège d'Ahuntsic, il a déjà mis une croix sur ce métier. Derrière les études en administration qu'il entreprendra cet automne se cache une raison de compatibilité avec sa vie d'athlète.
« Être policier, ça signifie des quarts de travail la nuit comme de jour. Les horaires sont variables. Ce serait trop difficile pour moi de concilier avec l'entraînement. »
Les pilleurs de banque à pied seront heureux de l'apprendre.