La science au service du skieur

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Alain Bergeron @

Journal de Québec, Publié le:

Charles Castonguay travaille étroitement avec Alex Harvey, l'un des athlètes canadiens les plus en vue. « Travailler avec un champion du monde, ça donne un ''boost'' à un projet scientifique », affirme le jeune chercheur.

© Stevens Leblanc

Charles Castonguay travaille étroitement avec Alex Harvey, l'un des athlètes canadiens les plus en vue. « Travailler avec un champion du monde, ça donne un ''boost'' à un projet scientifique », affirme le jeune chercheur.

Pour livrer cette machine minutieusement huilée qu'est Alex Harvey, même un GPS et autres gadgets sont requis durant son entraînement estival.

Il y a même de la place pour la recherche scientifique dans l'ascension du fondeur le plus en vue au Canada. Grâce à un matériel savamment conçu par le Groupe de recherche en analyse du mouvement et en ergonomie (GRAME) de l'Université Laval, Charles Castonguay peut s'offrir rien de moins qu'un champion du monde comme principal sujet de sa maîtrise qu'il a intitulée « Analyse de la performance des athlètes en ski de fond ».

Décortiquer le mouvement

Les athlètes du Centre national d'entraînement Pierre Harvey (CNEPH) se prêteront durant l'été à au moins deux séances d'exercices aussi éprouvantes qu'essentielles. Surtout dans le cas d'Alex Harvey puisque les données recueillies pourraient lui servir à retrancher des secondes dans les sentiers de la Coupe du monde, l'hiver prochain.

Pour l'occasion, Harvey devra s'exécuter avec des skis à roulettes sur un parcours ascendant de deux kilomètres déterminé avec précision. À son dos, il portera un sac d'un peu plus d'un kilo, lequel comportera notamment un mini-ordinateur, un GPS pour rapporter la topographie et un microcontrôleur pour capter ses fréquences cardiaques. Une caméra à ses côtés permettra de visionner ses efforts en temps réel.

Ainsi sera analysée l'efficacité de l'athlète dans ses mouvements de bras et de jambes, selon le degré de la pente. Pour des fins d'amélioration jusqu'au test suivant, suffira ensuite d'effacer les erreurs par un entraînement adéquat ou une correction posturale.

« Par exemple, dans une pente ayant une inclinaison donnée, on pourra évaluer si Alex change de style ou de vitesse. D'une fois à l'autre qu'on refera le même test, on pourra vérifier s'il a réparé une erreur. Au niveau où est rendu Alex, on sait combien ça peut être important de sacrifier deux secondes dans une telle montée et une autre seconde dans telle descente. Souvent, ça se traduit par un podium », explique le jeune chercheur, qui avoue avoir pris la première année de sa maîtrise pour s'assurer du bon fonctionnement de son matériel.

« Ça ne me tentait pas de mettre ce sac dans le dos d'un champion du monde sans être convaincu que ça marche! », dit-il comme pour dissiper l'appréhension.

Secret?

Charles Castonguay préfère le terme « précieux » à « révolutionnaire » pour parler de cet outil mis à la disposition des entraîneurs d'Alex Harvey et du CNEPH. Souhaité par les entraîneurs, encouragé par le Conseil du sport de haut niveau de Québec et imaginé par des cerveaux de laboratoire, ce précieux jouet contribue à sa façon à la conquête de l'excellence du Canada devant les puissantes nations. Doit-on y voir un secret d'état?

« Normalement, les pays sont ouverts à partager les technologies mises au service de l'entraînement, mais si Petter Northug profite d'outils comme le nôtre, je ne pense pas que les Norvégiens vont s'en vanter. Ici aussi, je doute que Ski de fond Canada va le crier sur tous les toits du pays », affirme Castonguay, dont les partenaires ont initié l'équipe nationale aux vertus de cette invention québécoise.

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