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Chronique

Halak...ou Price?

Yves Pedneault

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Yvon Pedneault

Yvon Pedneault

Donc, si on se fie au président du Canadien, Pierre Boivin, Jaroslav Halak joue sur du temps emprunté et d'ici deux semaines, il changera d'adresse.

Bizarre tout d'abord que le président fournisse à des amis une information qui, en principe, doit demeurer dans les bureaux du Centre Bell. Enfin.

On verra bien maintenant si Bob Gainey va confirmer les propos du président et s'il effectuera une transaction avec l'arrêt de travail de deux semaines afin de permettre aux professionnels de la Ligue nationale de participer aux Jeux olympiques de Vancouver.

Je précise, on verra bien parce que, pendant que Gainey cherchera preneur - enfin, il est permis de croire qu'il a déjà trouvé puisque le président semblait bien catégorique lors de son analyse du Canadien -, Halak disputera quelques matchs et « sauvera » possiblement le Tricolore d'une situation inquiétante. C'est ce qu'il fait depuis le début de la saison. Quand on semble avoir un urgent besoin de victoires, le Slovaque s'impose.

Je trouve étrange cependant qu'on s'entête à ne pas faire confiance à Halak. Étrange parce que le jeune homme a permis au Canadien de faire une courte présence pendant les séries éliminatoires du printemps dernier. Étrange parce qu'il a des statistiques supérieures à celles de Price.

La différence, c'est que Price est un choix de première ronde, qu'il a été sélectionné cinquième alors que le Canadien aurait pu réclamer un joueur de centre aussi talentueux que Anze Kopitar. Donc, on dit toujours qu'il est le diamant de l'organisation.

Price et les responsabilités

Sauf qu'il faudra bien se rendre à l'évidence que Price devra éventuellement assumer ses responsabilités. Comme s'affirmer dans le rôle qu'on lui a confié, celui d'être le meilleur gardien de l'entreprise. Comme prendre les guides et mener cette formation vers les objectifs fixés. Que Price s'engueule avec Markov, ça ne me dérange pas du tout. Ça se produit régulièrement dans un vestiaire. Il y a quelques années, Alex Kovalev avait critiqué Steve Bégin. Dans les belles années du Canadien, ça se produisait aussi.

Cependant, je ne suis pas d'accord du tout quand on prétend que Montréal est une ville difficile pour les gardiens. C'est du moins ce que prétendent certains joueurs. On dit que le public est exigeant, la presse est exigeante, les dirigeants sont exigeants. Dans les marchés où le hockey tient une place de choix, c'est la même chose. La saison dernière, après l'élimination des Canucks de Vancouver face aux Blackhawks de Chicago, Roberto Luongo avait été sévèrement critiqué par le public. On souhaitait même que les Canucks ne lui offrent pas un nouveau contrat.

Les partisans du Canadien sont des passionnés. et ils savent apprécier l'effort au boulot. La défaite leur fait mal, par contre, ils sauront reconnaître si les joueurs ont offert une solide performance ou encore s'ils ont tout simplement refusé de compétitionner.

Markov et son rôle

Markov a joué son rôle hier en voulant minimiser l'échange verbal de la semaine dernière avec Price. Il a questionné également la couverture des activités de l'équipe affirmant que les journalistes devraient aider l'équipe plutôt que de la critiquer.

Bon, pour un futur capitaine, c'est correct. Par contre, l'histoire avec Price, c'est quelqu'un dans le vestiaire qui a ébruité l'altercation.

Entre-temps, on ne peut pas empêcher les amateurs de vouloir des résultats. Ça fait un bon bout de temps que l'organisation parle d'un plan de je ne sais plus combien d'années.

Mais revenons à Halak et à Price.

Pourquoi échanger Halak? Et, pourquoi échangerait-on Price?

De prime abord, le Canadien ne risque pas de perdre Halak puisqu'il est joueur autonome avec compensation et il serait étonnant qu'une formation lui fasse une offre. Est-ce que ça changerait cette équipe?

Pour l'instant, le problème du Canadien n'est pas nécessairement devant le filet.

C'est plutôt une question d'effort au boulot.

yvon.pedneault@journaldequebec.com