Les propos de Colin Campbell sont plutôt intrigants. « La question est de dresser une ligne de démarcation entre une mise en échec avec l'épaule et une mise en échec avec l'épaule. mais atteignant l'adversaire à la tête. On ne peut pas éliminer les coups d'épaule, tout ça fait partie intégrante du hockey. Au fil des ans, le hockey a changé. Les joueurs sont plus grands, le jeu est plus rapide, les contacts sont plus nombreux. »
Et il aurait pu ajouter que la surface de jeu est demeurée la même avec un patineur de plus, un deuxième arbitre.
Le débat ici n'est pas d'éliminer les mises en échec avec l'épaule. On comprend très bien, également, qu'il y a des joueurs comme Zdeno Chara qui frappe Scott Gomez par exemple, c'est évident qu'il a de fortes chances d'atteindre le joueur du Canadien à la tête.
Mais c'est justement dans un tel contexte qu'il faut savoir appliquer les règles. Après le lock-out, la Ligue nationale s'est donné comme objectif d'enrayer l'accrochage et l'obstruction. On a mis beaucoup d'emphase pour convaincre les joueurs de s'habituer à la nouvelle politique parce que les penseurs de la LNH n'avaient aucunement l'intention de faire un pas en arrière, même si un propriétaire ou des propriétaires l'exigeraient.
Qu'en est-il découlé?
La profession de défenseur a subi des transformations majeures. Les arrières ont dû modifier leur style, ils ont dû trouver de nouveaux moyens de ne pas se faire déborder par l'adversaire. Ils ont réussi l'exercice. enfin presque.
Maintenant, on doit attaquer les coups à la tête avec la même détermination et aussi avec la même rigueur.
Résultats concrets
Si ça prend deux ou trois ans à en arriver à des résultats concrets, qu'il en soit ainsi. Sauf qu'on ne peut pas accepter le statu quo sous prétexte que le coup de Mike Richards à David Booth, des Panthers de la Floride, a été une mise en échec avec l'épaule.
On ne peut pas tolérer qu'un joueur comme Matt Cooke, à sa troisième infraction du genre, s'en tire sans suspension parce que, selon plusieurs directeurs généraux, il a frappé Marc Savard, des Bruins de Boston, avec l'épaule. C'est là que ça ne fonctionne pas. Les deux gestes n'ont pas échappé à l'attention des officiels. pas du tout, ils ont simplement jugé que les deux attaquants ont utilisé leur épaule.
Les Bruins de Boston, engagés dans une lutte éreintante pour une qualification aux séries éliminatoires, ont perdu leur plus important attaquant. lls sont dans une situation précaire. Les Panthers de la Floride seraient dans une meilleure position parmi le groupe des équipes luttant pour les trois dernières places de l'Association de l'est et permettant de participer à la deuxième saison si Booth n'avait pas raté trois mois et demi.
Cela devrait être suffisant pour convaincre les propriétaires qu'il est temps pour eux de protéger leurs effectifs. Ça risque de coûter quelques millions de dollars aux Bruins et aux Panthers. Tout ça parce qu'on ne veut pas changer les règles du jeu. Tout ça parce que la mise en échec avec l'épaule ne peut pas être abolie. C'est impensable.
Une théorie
On peut toujours cautionner cette théorie. en autant qu'on applique les règlements. Une mise en échec avec l'épaule est une stratégie qu'on utilise pour l'échec avant ou encore pour ralentir l'adversaire. Mais quand on utilise cette stratégie pour blesser un rival, c'est là que le hockey perd ses attributs.
Richards et Cooke ont frappé Booth et Savard dans le but de leur faire mal. sinon, ils auraient pu facilement éviter leurs adversaires ou encore les éliminer selon les règles du jeu. C'est l'intention qui fait foi de tout. Personne ne me convaincra que les deux joueurs voulaient simplement écarter leurs rivaux et qu'ils avaient tout simplement mis en pratique la stratégie de « terminer sa mise en échec ».
Campbell a du mal à prendre sa décision dans le dossier Matt Cooke parce qu'il ne veut pas être accusé d'avoir une politique de deux points deux mesures.