Difficile d'imaginer quelqu'un d'autre que Benoît Groulx pour diriger le trafic derrière la ligne de mêlée du Rouge et Or football après des années si fastes. Pourtant, l'an prochain, tout indique que Tristan Grenon pourrait être le nouveau roi du stade, au PEPS.
Joueur recrue cette saison, Grenon n'arrive pas de nulle part. Dans le circuit collégial AAA, aux commandes des Élans du Collège F.-X.-Garneau, le quart-arrière a non seulement conduit les siens à la conquête du Bol d'Or, mais il a aussi hérité du titre de joueur par excellence du circuit.
Famille et patience
S'il a bien entendu évalué les différentes options, Tristan Grenon n'a pas hésité trop longuement quand est venu le temps de jeter son dévolu sur le Rouge et Or, en décembre dernier. Sa famille et sa patience l'ont guidé dans son processus de réflexion.
« D'autres clubs me faisaient miroiter la chance d'être leur joueur étoile en partant. En bout de ligne, je voulais jouer à Laval, et ça ne me dérangeait pas d'attendre pour devenir aussi bon que je peux l'être avec une saison à observer les meilleurs. Puis, le cahier de jeux du Rouge et Or, ça va me prendre un an à l'assimiler », a lancé hier, au terme de l'entraînement, celui qui secondera Groulx et Cesar Sanchez-Hernandez comme pivot.
Il faut dire que le jeune homme de Sainte-Foy avait déjà quelques litres de sang rouge et or dans les veines. Dès qu'il a commencé à jouer, au début du secondaire, son père, Philippe, l'a entraîné dans l'univers de l'équipe.
« J'avais mon billet de saison ici depuis des années », dit-il en pointant les gradins. Je suis très proche de mes parents et je savais qu'en quittant la ville, je n'aurais probablement pas été le même joueur », ajoute-t-il en toute franchise.
Attentes élevées
Bien sûr, tout est loin d'être gagné pour Tristan Grenon. D'une part, son accession au trône n'est pas coulée dans le béton. D'autre part, les chaussures de ses prédécesseurs Benoît Groulx et Mathieu Bertrand, dans le cœur des amateurs de Québec, sont gigantesques à chausser.
« Deux excellents joueurs sont passés à ma position avant moi, et je sais que les attentes sont élevées. Je sais aussi que c'est beaucoup me demander à moi-même, mais mon objectif est d'être aussi bon, sinon meilleur », affirme-t-il sans détour.
« C'est pour ça que, pour l'instant, ça ne me dérange pas d'attendre mon tour. Je préfère prendre mon temps et mon seul but cette saison est de me préparer pour l'an prochain », observe celui qui sera appelé à contribuer sur les unités spéciales.
Même s'il a fait la pluie et le beau temps sur la scène collégiale l'an passé, récoltant des gains de 1703 verges et 23 passes de touché, Grenon n'a qu'une idée en tête : la conquête de la coupe Vanier.
« Au bout du compte, on est tous ici pour gagner des matchs. On a les meilleurs joueurs et les meilleurs entraîneurs au pays. Il faudrait qu'on soit fous pour avoir d'autres attentes. »