/misc
Navigation

L’Ego trip de Patrick Huard

Photos AGENCE QMI, JOëL LEMAY, d’archives et courtoisie
Quelques scènes d’Ego trip ont été filmées en Haïti, mais la majeure partie du tournage a eu lieu en République dominicaine pour des raisons logistiques. Rachid Badouri joue également un petit rôle dans le film.
Patrick Huard

Retour en force au cinéma

Plus discret au grand écran depuis quelques années, Patrick Huard effectue un retour en force au cinéma cette année en tenant le rôle principal dans deux films qui prendront l’affiche au cours des prochains mois.

Philippe Falardeau

Ainsi, après la comédie estivale Ego trip, qui sort en salle le 8 juillet, l’acteur tiendra la vedette de Guibord s’en va-t-en guerre, le prochain film du cinéaste Philippe Falardeau (Monsieur Lazhar, The Good Lie), qui prendra l’affiche à l’automne.

«C’est un beau hasard, c’est le fun, mais en même temps, ça me stresse un peu, parce que je ne voudrais pas qu’un film nuise à l’autre», admet-il.

«C’est important pour moi que les films marchent. On a besoin d’avoir des films qui fonctionnent et de retrouver un mood positif autour du cinéma québécois. C’est pour ça que le succès de Mommy l’an passé m’a particulièrement réjoui.»

Les films Guibord s’en va-t-en guerre et Ego trip, deux comédies, ont été tournés l’un après l’autre l’automne et l’hiver passés, ce qui n’a laissé à Huard que quelques semaines pour passer d’un personnage à l’autre.

«Je n’avais jamais enchaîné deux tournages aussi vite, admet-il. Mais j’ai aimé ça. Ça m’a rappelé à quel point je suis heureux sur un plateau de tournage. Je veux en profiter au maximum en ce moment, parce que je suis dans l’âge le fun pour un acteur. Je peux encore jouer pas mal de sortes de personnages. Et je me rends compte que j’aime ça. J’aime jouer, travailler avec la gang, essayer des affaires. C’est un processus que j’aime vraiment.»

L’acteur de 46 ans admet d’ailleurs que ce n’est pas par choix qu’il s’est fait plus rare au cinéma depuis la sortie de Starbuck, il y a quatre ans. À part pour des seconds rôles dans Omertà et dans Mommy, les offres ne se sont tout simplement pas présentées.

«Ça m’est arrivé deux fois dans ma carrière, de vivre une période où je ne reçois pas d’offre pour le cinéma. C’est arrivé la première fois après la sortie de Bon Cop, Bad Cop [2006], puis ça s’est reproduit après Starbuck [2011]. Je ne pourrais pas dire pourquoi, mais ce n’était certainement pas mon choix. Mon idéal serait de pouvoir tourner un film par année, un peu comme fait Michel Côté.»

Dix grands succès de Patrick Huard au cinéma

Patrick Huard a connu beaucoup de succès au grand écran depuis le début de sa carrière. Voici 10 des films les plus populaires dans lesquels il a joué ainsi que les recettes qu’ils ont récoltées au box-office québécois.

Bon Cop, Bad Cop (2006)
10,5 millions $
Les Boys (1997)
6,8 millions $
Les Boys 2 (1998)
5,5 millions $
Les Boys 3 (2001)
5 millions $
Starbuck (2011)
3,4 millions $
Omertà (2012)
2,7 millions $
La vie après l’amour (2000)
2,6 millions $
Sur le seuil (2003)
1,7 millions $
Nez rouge (2003)
1,7 millions $
Funkytown (2010)
1,3 millions $
Cinq questions à patrick huard
Photo AGENCE QMI, JOëL LEMAY
Quatre ans après la sortie de Starbuck, Patrick Huard est de retour dans un premier rôle au cinéma avec la comédie Ego trip.

Ego trip t’a permis de retrouver Antoine Bertrand, avec qui tu avais déjà joué dans Starbuck...

Antoine Bertrand

«C’est drôle, parce que j’ai tourné deux films avec Antoine et que dans les deux cas, on avait peu de scènes tous les deux ensemble. C’est tellement le fun de jouer avec des acteurs comme lui et je dirais la même chose de Guy Jodoin. Ce sont des acteurs qui ont un super talent comique et qui ont une écoute incroyable. Ils ont tellement le sens du rythme et de la comédie, ce qui fait que c’est facile de jouer avec eux.»

Tu joues le rôle d’un député indépendant dans Guibord s’en va-t-en guerre, le prochain film de Philippe Falardeau. Est-ce que ç’a changé ta façon de percevoir les politiciens?

«Non, c’est plutôt le contraire. J’étais content d’avoir la chance de pouvoir montrer un autre côté des politiciens. Je ne fais pas partie des gens qui croient qu’ils sont tous croches. Ce sont tous des êtres humains qui ont des familles, une vie. Ils essaient de faire bouger les choses, mais le système est lourd et difficile. Je trouvais ça le fun de pouvoir montrer leur quotidien et de les humaniser un peu.»

Tu as terminé récemment l’écriture de la suite de la comédie à succès Bon Cop, Bad Cop. À quoi s’attendre?

«Je ne l’ai justement pas abordé comme une suite, mais plutôt comme un nouveau film dont on connaît déjà les deux personnages principaux. L’écriture a été difficile au début, parce que j’avais en tête l’idée d’écrire une suite. Mais ç’a débloqué quand j’ai décidé de l’aborder comme un nouveau film. Ça n’aura rien à voir avec le premier Bon Cop. Il n’y aura presque plus de jokes sur les anglos et les francos. On n’est plus là. Cette fois, le problème vient plus des Américains. Il y a un gars du FBI qui va venir achaler nos deux policiers. Et je dirais que cette fois-ci, c’est Colm [Feore] qui a le beau rôle dans le film. Je lui ai écrit une belle partition. J’ai voulu changer la dynamique et surprendre les gens. Dans le deuxième film, mon personnage devient un peu plus adulte.»

Le premier Bon Cop, Bad Cop avait eu un succès incroyable (en 2006) et détient toujours le record du film québécois le plus payant au box-office. Les ­attentes sont-elles trop élevées pour le second film?

«Je ne sais pas si Bon Cop, Bad Cop 2 va être meilleur que le premier et je n’ai aucune idée comment les gens vont le recevoir. J’ai compris avec le temps que pour que le public s’amuse, il faut le laisser aller. Ce sont les spectateurs qui décident s’ils veulent voir un film ou pas. Ce que je sais, c’est que ça faisait longtemps que les gens réclamaient un deuxième Bon Cop et que je m’étais promis de le faire un jour. Mais pour la façon dont il sera reçu, je n’ai absolument aucun contrôle là-dessus.»

Les deux premiers films que tu as réalisés (Les 3 P’tits Cochons et Filière 13) ont connu un bon succès en salle. Penses-tu en réaliser un autre un jour?

«Je n’ai pas fait une croix sur la réalisation, au contraire. Mais je veux écrire moi-même le prochain film que je vais réaliser. J’ai en ce moment en tête d’écrire un scénario inspiré d’une histoire toute simple qui est arrivée il y a quelques années à quelqu’un que je connais. C’est une fille qui est tombée enceinte après avoir eu une aventure avec un gars qu’elle avait rencontré dans un bar. Ils ont essayé de vivre ensemble pour le bébé, mais ça n’a pas marché. Puis, quelques années plus tard, elle a appris qu’elle avait le cancer du poumon et qu’il lui restait seulement six mois à vivre. Sa petite fille avait alors six ans. Elle a appelé le père et lui a dit: “Viens vivre chez moi, je vais te montrer à être un père pour que tu puisses t’occuper de la petite quand je ne serai plus là.” C’est une histoire d’amour extraordinaire et c’est ce que j’ai envie d’écrire. Je veux que ce soit un film touchant, mais aussi drôle et lumineux.»