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Le bagarreur de l’humour

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Comme tout film d’animation, La guerre des tuques 3D a été très long à produire. L’équipe du film a ainsi passé 28 mois en studio (et devant des ordinateurs) à concevoir le film. Des dizaines d’artistes visuels du studio montréalais Singing Frog (spécialisé en ­animation) ont travaillé sur le projet sous la direction du réalisateur Jean-François Pouliot et du coréalisateur François Brisson.

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Le budget de production du film est estimé à 12 millions de dollars. Un montant élevé pour un film québécois, mais mimine si on le compare aux budgets dont bénéficient les films d’animation hollywoodiens: «Pour faire ce film avec un tel budget, on a dû faire des choix et un de ces choix a été de ne pas se donner de défi technologique, explique la productrice Marie-Claude Beauchamp. Quand un studio ­comme Disney, par exemple, ­produit un film d’animation, il se lance le défi de réinventer ­l’animation. Nous, on a décidé de raconter la plus belle histoire possible. On a fait des choix qui étaient dans nos moyens, mais qui donnaient une certaine signature au film.»

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Comme le film original, La guerre des tuques 3D rend hommage aux paysages hivernaux de la région de Charlevoix, où est campée l’histoire: «C’était très important pour nous d’être fidèles aux paysages de Charlevoix, explique le réalisateur Jean-François Pouliot. On est allés faire du repérage sur place pour prendre des photos des paysages et des villages de la région. François (Brisson) faisait des croquis et dessinait ce qu’il voyait. On s’est inspiré de villages qu’on a vus, de certaines granges qu’on a visitées. C’est vraiment très fidèle aux paysages de Charlevoix.»

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Les créateurs de cette nouvelle version de La guerre des tuques ont préféré ne pas situer l’histoire du film à une époque précise. «Le film pourrait autant avoir lieu aujourd’hui que dans les années 1980 (l’époque de la sortie du premier film), signale Jean-François Pouliot. C’est une histoire intemporelle et je ne voulais surtout pas qu’on y retrouve tous les ­gadgets technologiques d’aujourd’hui.»

Les chanteurs et chanteuses de la trame sonore du film
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Interprétée dans le film original par Nathalie Simard, la chanson L’amour a pris son temps se retrouve également dans la nouvelle version. Mais elle est interprétée cette fois par ­Marie-Mai, Groenland, Louis-Jean Cormier, Marie-­Pierre Arthur et Fred Pellerin. ­Mentionnons que Céline Dion chante aussi une chanson en duo avec Fred Pellerin sur la trame ­musicale du film.

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Le sort réservé au chien Cléo dans le nouveau film a soulevé beaucoup de questions chez les fans de La guerre des tuques: «Pendant qu’on préparait le film, plusieurs personnes m’ont demandé si le chien mourrait encore, explique Marie-Claude Beauchamp. Je répondais oui et elles paraissaient déçues. Je me suis rendu compte que plusieurs personnes voulaient que je leur dise que le chien ne mourrait pas. Mais si le chien ne meurt pas, il n’y a pas de film. C’est cet événement ­dramatique qui fait que l’histoire du film est si forte.»

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Ne cherchez pas les adultes dans le film, les réalisateurs Jean-François Pouliot et François Brisson ont décidé que La guerre des tuques ne mettrait en scène que des personnages d’enfants: «C’est un choix artistique, mais qui ­s’explique aussi par des raisons budgétaires, ­explique Jean-François Pouliot. Si on regarde le film original, on s’aperçoit que les adultes n’ont pas une grande place dans l’histoire. On s’est posé la question s’ils étaient vraiment nécessaires. Or, en animation, plus il y a des personnages, plus ça coûte cher. Chaque personnage doit être dessiné à la base, puis il faut lui donner une personnalité, le texturer, le faire bouger. S’il y a cinq personnages dans un plan, c’est cinq fois plus de ­travail... et d’argent!»

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Plusieurs actrices, dont Hélène Bourgeois-Leclerc (François les lunettes), Anne Casabonne (Maranda) et Catherine Trudeau (Jacques) ont été choisies pour faire parler des personnages de garçons: «C’est une pratique très courante, notamment à Hollywood, rappelle Marie-Claude Beauchamp. Les hommes ont des voix souvent trop masculines pour des personnages de jeunes garçons. On en a essayé en auditions, mais ça ne marchait pas. C’est essentiel que la voix colle au personnage.»

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C’est Mariloup Wolfe et Nicholas Savard-L’Herbier qui font parler les deux héros et amoureux du film, Sophie et Luc. Les caractères des personnages ont toutefois été légèrement modifiés par rapport au film original. «Le personnage de Luc était un peu antipathique dans le film ­original alors on a voulu l’approfondir sur le plan dramatique», note Jean-François Pouliot.

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La plupart des célèbres répliques du film de 1984 se retrouvent bien sûr dans la nouvelle version. «T’as de la neige sur ton épaule», «La guerre, la guerre, c’est pas une raison pour se faire mal», «Daniel Blanchette de Victoriaville»… Les acteurs qui ont eu à revisiter ces répliques ont d’ailleurs senti une certaine pression à le faire: «On ne peut faire autrement que penser qu’on sera jugé par le Québec en entier, a avoué Mariloup Wolfe. Il ne faut pas rater son coup. Ces répliques sont tellement devenues des classiques!»

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C’est en participant à une émission ­spéciale du Banquier sur La guerre des tuques qu’Esther Poulin, une fan finie du film, a décroché un rôle dans sa version animée. «À la base, elle ­devait faire un petit rôle. Mais elle nous a tellement impressionnés qu’on a décidé de lui donner un rôle plus important et de lui ­offrir le personnage bien aimé de Daniel Blanchette de ­Victoriaville», souligne ­Marie-Claude Beauchamp.

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Choisi pour faire parler le costaud Chabot dans le film, Gildor Roy a pris la chose très au sérieux: «Gildor est arrivé à l’enregistrement des voix, nerveux comme un débutant, ­raconte Jean-François Pouliot. Il se demandait presque pourquoi on l’avait choisi, ayant peu ­d’expérience dans les voix d’animation. Il a fait un Chabot exceptionnel et touchant. Les vrais sont souvent les plus humbles.»

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Une version anglophone de La guerre des tuques 3D, destinée au marché anglophone est déjà prête à prendre l’affiche. L’actrice ­canadienne Sandra Oh (Grey’s Anatomy) et l’acteur américain Ross Lynch (Austin and Ally) ont respectivement prêté leurs voix aux personnages de François les ­lunettes et Pierre.

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Même si on ne les entend pas dans le film, les acteurs Marc Béland et Pascale Montpetit ont participé à l’élaboration du projet d’une façon bien spéciale: «J’ai fait ­appel à Pascale et Marc pour m’aider à définir ­l’attitude corporelle de chacun des personnages. Au moment de travailler François les lunettes, Marc s’est levé et a commencé à marcher avec la tête avancée et les pieds qui donnent l’impression de suivre derrière. C’était exactement notre François. Je lui ai demandé comment il en est arrivé là. Il m’a tout simplement répondu: “Ben, François, c’est la tête qui mène, alors faut que le corps suive un peu en ­retard”. Ah, le génie des acteurs!»

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Habitué aux tournages en prises de vue réelles, le ­cinéaste Jean-François Pouliot a trouvé beaucoup de liberté à réaliser un film d’animation. «C’est pratique, parce que je peux placer le soleil où je veux ou mettre autant de neige que je le désire, lance-t-il en riant. Je voulais d’ailleurs qu’on sente bien l’hiver québécois dans le film, comme c’était le cas dans le film ­original. Le film est un hommage à la beauté de nos hivers.»