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quadriporteur brisé

La CSST refuse de payer

Roger Fillion, en présence de son avocat, Marc Bellemare (à gauche), et de sa conjointe, Solange Duclos, montre la pièce endommagée de son quadriporteur.
© Photos Léopold Rousseau Roger Fillion, en présence de son avocat, Marc Bellemare (à gauche), et de sa conjointe, Solange Duclos, montre la pièce endommagée de son quadriporteur.

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Pour la première fois depuis 10 ans, la CSST refuse de prendre en charge les frais de réparation d'une pièce maîtresse indispensable au fonctionnement du quadriporteur qu'utilise Roger Fillion, un homme de 74 ans de Boischatel invalide à 100 %.

« Ça n'a aucun sens. Ils remboursent pour les piles (350 $) et pour le chargeur (195 $), mais ne veulent rien savoir pour la pièce brisée qui coûte 170 $ et qui permet d'orienter le véhicule. Sans ce bloc de contrôle, je ne peux tourner ni à droite ni à gauche », s'insurge le septuagénaire que Le Journal a rencontré, vendredi, au local de son avocat, Me Marc Bellemare.

Dans une décision rendue le 2 octobre 2008, la CSST soutient que « seules les réparations en lien avec une utilisation usuelle d'un quadriporteur vous seront (sic) remboursées ». La Direction de la révision administrative de la CSST a confirmé cette décision le 23 février. « Le travailleur a la responsabilité d'utiliser cette aide technique de façon sécuritaire et en conformité avec l'usage auquel cette aide technique est destinée. L'utilisation d'un quadriporteur sur des routes en gravelle ou encore sur un terrain inégal ne répond pas à ces critères et peut sans doute causer des dommages », écrit la réviseure.

« Ils te tournent encore la vis »

Ces termes ont particulièrement froissé M. Fillion, dont l'invalidité totale remonte à 1968. « Le véhicule s'est brisé alors que j'étais dans la cour de ma maison. Veulent-ils que je reste prisonnier dans ma résidence ou que je roule uniquement sur des chemins asphaltés? Ce n'est pas assez d'être handicapé. Ils te tournent encore la vis », fait-il observer, indigné.

Roger Fillion s'est par ailleurs dit « choqué par l'impolitesse » de l'agent de la CSST. « Il m'a accusé de faire des 'wheelies' (se tenir en équilibre sur une roue) avec mon quadriporteur! Il m'a même raccroché au nez quand je lui ai fait savoir que c'était insultant », a-t-il raconté.

Redoutant une longue et coûteuse bataille juridique, M. Fillion a failli ne pas entamer des procédures judiciaires contre la CSST. « C'est ma conjointe, Solange Duclos, qui m'a convaincu de ne pas laisser tomber et d'aller devant la Commission des lésions professionnelles. Ils commencent en refusant de rembourser une partie des dépenses pour mon quadriporteur. Si je ne conteste pas, j'ai peur de ce qu'ils peuvent faire dans le futur », expose-t-il.

La CSST a signalé, vendredi, qu'elle ne pouvait pas commenter le cas précis de M. Fillion tant que ce dernier n'aura pas signé un formulaire permettant à la Commis­sion de divulguer les détails de son dossier.

taieb.moalla@journaldequebec.com

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