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Saint-Jean-Port-Joli

Un musée qui s'intéresse à vos souvenirs

Le Musée de la mémoire vivante est construit sur le terrain du domaine seigneurial de Philippe Aubert de Gaspé, auteur du roman Les anciens Canadiens.
© Photo courtoisie MMV Le Musée de la mémoire vivante est construit sur le terrain du domaine seigneurial de Philippe Aubert de Gaspé, auteur du roman Les anciens Canadiens.

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SAINT-JEAN-PORT-JOLI | Dédié aux récits et témoignages de vie, le Musée de la mémoire vivante et sa collection d'objets « déclencheurs de mémoire » connaît de plus en plus de succès auprès de ses visiteurs.

Ouvert depuis juin 2008, le musée loge sur le terrain de l'ancien manoir du dernier seigneur de Saint-Jean-Port-Joli, Philippe Aubert de Gaspé. L'imposant manoir, construit en respectant l'aspect du bâtiment d'origine, a été construit au coût de 1,5 million de dollars, dont 65 % provient d'investisseurs privés. Le bâtiment n'a pas été refait sur l'emplacement exact de l'autre manoir, incendié en 1909, parce que les fondations de l'ancien édifice se trouvent sur un site archéologique à protéger. « C'est un site assez rare parce qu'il s'agit d'un site bourgeois en milieu rural », explique Mélodie Lachance, agente de communications pour le musée.

Plus qu'un musée en l'honneur de l'auteur du classique Les anciens Canadiens, le musée est dédié aux récits et témoignages de vie, ce que fit d'ailleurs Philippe Aubert de Gaspé en racontant l'incendie de la Côte-du-Sud, le naufrage de l'Auguste et la bataille des Plaines d'Abraham, en plus de raconter un souper chez un seigneur canadien.

Nouveau concept

Le concept original du Musée de la mémoire vivante - témoigner aujourd'hui pour le futur - gagne en popularité. La banque de témoignages de vie recueillis auprès des visiteurs est passée de 150 à 350 en un peu plus d'un an. « C'est une visite qui est très émotive parce qu'elle rappelle des souvenirs. L'idée, c'est de faire participer les gens, et c'est un concept muséal nouveau au Québec. »

L'exposition Souvenirs de table, consacrée au rituel des repas, éveille la curiosité et cultive la mémoire : aux objets présentés correspondent de courts témoignages enregistrés par les visiteurs. Il suffit d'utiliser des écrans tactiles et des postes d'écoute pour découvrir avec le sourire les souvenirs liés aux moules à sucre, aux plats de bonbons en verre carnaval et à la belle vaisselle. Et on découvre comment se faisait le « ragoût à l'oiseau blanc » et la « bière aux binnes ».

Le projet de Musée de la mémoire vivante à l'école a également été mis à l'essai à l'école Saint-Jean. Il a permis d'enregistrer des témoignages avec les enfants et leurs grands-parents, afin de comparer la vie des années 2000 avec celle des années 1900 à 1960.

« On est dans une période de la société qui évolue tellement rapidement que les traditions se perdent d'une génération à l'autre. C'est une première qui a beaucoup d'avenir et ça s'est fait grâce à des heures et des heures de bénévolat », précise Mélodie Lachance.

« Le but social du musée, c'est d'aller chercher les souvenirs et leur côté positif. Je vous cite en exemple le cas d'un visiteur qui souffre d'Alzheimer. Il est venu témoigner cinq fois cet hiver. Cela le rend heureux et prolonge ses périodes de bien-être », partage Jean-Louis Chouinard, président de la corporation. La visite du musée se complète par une balade dans les sentiers menant jusqu'à la grève, comme le faisait Philippe Aubert de Gaspé avec ses invités. Un fournil abritant un four à pain et un puits, de même qu'un caveau à légumes restauré pierre par pierre, subsistent sur le terrain.

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