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Les limites d'une « grande séduction »

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Le gouvernement du Québec a lancé, récemment, une campagne de recrutement énergique sur Internet pour attirer les membres de la génération Internet dans la fonction publique. Mais cette opération de grande séduction a ses limites.

« On va aller chercher les jeunes là où ils se trouvent, c'est-à-dire sur MSN, Sympatico ou sur Jobboom », mentionne la porte-parole du Secrétariat du Conseil du trésor, Caroline St-Pierre. Début 2009, le gouvernement avait déjà mis en place un portail Emploi (https://www.carrieres.gouv.qc.ca/) dont le design et les fonctionnalités − on y trouve notamment un fil RSS − s'adressent particulièrement aux jeunes. « Nous nous sommes beaucoup intéressés aux besoins des jeunes en faisant des focus groups. La bonne atmosphère du travail demeure leur priorité », ajoute Mme St-Pierre.

Cela dit, au moins trois aspects fondamentaux caractérisant la génération Internet ne semblent pas être pris en considération par les autorités gouvernementales. Les experts mentionnent qu'aux yeux de ces jeunes, il est impensable de travailler quotidiennement dans un bureau fermé, entre 9 h et 17 h. Un Internet censuré, dépourvu de Facebook et de Twitter, est une hérésie; quant à se concentrer sur une même tâche, cela s'avère fort ardu au-delà de quelques heures.

Peu d'accommodements (raisonnables?) semblent prévus dans ces situations. « Nous ne sommes pas dans le privé. Les conditions de travail sont très conventionnées, précise Caroline St-Pierre. Le travail à domicile se discute au cas par cas et est surtout prévu dans le cadre de la conciliation travail-famille. Les fonctionnaires n'y auront pas accès uniquement parce qu'ils sont jeunes. »

Par ailleurs, les réseaux sociaux les plus populaires sont presque systématiquement bloqués dans l'appareil étatique. « Chaque ministère doit convenir de règles pour l'usage de ces sites, explique Jean Talbot, chef du service des communications au ministère des Services gouvernementaux (MSG). C'est sûr qu'un site comme Facebook n'est pas utile dans le cadre du travail, mais c'est plus un outil de socialisation. Comme on ne connaît pas l'avenir, on verra l'évolution de ce phénomène avant de décider de changer nos politiques. »

À moins d'une demande et d'une autorisation spéciales, un fonctionnaire du MSG, par exemple, ne peut pas accéder à des sites comme Facebook, Twitter ou YouTube. « L'image des fonctionnaires dans la population n'est pas toujours bonne, concède Mme St-Pierre. Vous imaginez le contrôle qu'il faudrait exercer sur l'usage de 65 000 fonctionnaires si des sites comme Facebook étaient autorisés? Ce serait ingérable. »

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