/homepage
Navigation
La génération internet

«Trop cool» la prof d'été

À l'instar des jeunes de sa génération, Félix Gingras Genest, 15 ans, a un besoin inné de rapidité.
© Simon Clark À l'instar des jeunes de sa génération, Félix Gingras Genest, 15 ans, a un besoin inné de rapidité.

Coup d'oeil sur cet article

« Je trouve ma prof d'été (enfin... mon ex-prof) trop cool : juste 26 minutes pour répondre à un courriel... C'est rare des profs comme ça! »

S'il fallait une preuve que la rapidité est une valeur fondamentale pour cette génération du numérique, ce message posté par Félix Gingras-Genest, 15 ans, sur Twitter, un réseau de microblogging, peut en constituer une.

Pour les lecteurs du Journal, le nom de Gingras-Genest n'est pas inconnu. C'est lui qui avait fait une sortie sur son blog, ce printemps, contre « l'absurdité de la censure » d'Internet à l'école secondaire De Rochebelle. À l'époque, notre enquête avait révélé que le blocage de sites, pas toujours cohérent, touchait toutes les commissions scolaires de la région et que cette pratique était largement répandue ailleurs au Québec.

Félix est un blogueur invétéré (https://felixggenest.blogspot.com/). Il tweete souvent et il est régulièrement invité à des événements liés à l'actualité numérique.

« Des utilisateurs lambda »

Assez curieusement, Félix Gingras-Genest ne croit pas à la pertinence de l'appellation net generation. « Ce que les jeunes gens de 15 ans font surtout, c'est chatter sur MSN, aller sur YouTube, envoyer des courriels et faire du Facebook. Ce n'est pas assez pour qu'ils soient considérés comme la génération Internet, prétend-il. Ils n'actualisent pas Wikipédia, possèdent rarement des blogs, ne sont pas vraiment sur Twitter et ne participent pas tant que ça au développement de contenus en ligne. Ce sont des utilisateurs lambda. Ils ne connaissent aucun langage de programmation et n'utilisent pas Linux. »

Le jeune homme déplore du même souffle que les directions d'écoles et les enseignants soient trop souvent dépassés par les événements. « C'est sûr que leur perception est plate. Ils voient les nouvelles technologies comme un danger ou un problème en plus, avance-t-il. Ils sont facilement impressionnés par ce qu'on peut faire. Des fois, quand on leur remet des travaux, on sent qu'ils ne se doutaient pas qu'on était capable de réaliser telle ou telle chose. Par exemple, il fallait faire une ligne de temps sur l'histoire du Canada. Je l'ai réalisée sur le www.xtimeline.com, ce qui est beaucoup moins long qu'avec la règle. Le professeur a été surpris que mon travail scolaire soit une simple adresse Internet. »

Selon ce jeune inscrit en quatrième année du secondaire, « ce n'est pas un caprice de mettre un travail scolaire sur le Web. Au contraire, c'est plus stimulant de travailler avec un clavier. Les idées viennent plus et c'est plus rapide ».

taieb.moalla@journaldequebec.com

Commentaires