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La génération internet

Portrait d'une famille numérique

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Wendake - Chez les Chantal-Desbiens, le numérique est à la base de toute l'activité familiale. La maison est intégralement aménagée autour de la connexion haute vitesse et les deux enfants de 8 et 10 ans font « l'école à la maison ». Entrevue avec cette famille numérique de Wendake.

Parlez-nous de l'aménagement particulier de votre maison ?

Michel Desbiens : On a tout aménagé pour le numérique. Tous les filages et les branchements sont cachés pour maximiser l'espace. L'ordinateur de Pénélope (8 ans) est connecté à l'écran central, ce qui nous permet de voir ce qu'elle fait et d'interagir avec elle. On n'a ni télévision ni radio. Nous ne voulions pas que nos enfants s'assoient devant un média qui a choisi ses programmes pour eux. Les sous et les claviers sont tous en bluetooth, donc on peut se déplacer partout et partager les écrans. Marc-Antoine (10 ans) a commencé l'école à la maison l'année dernière, alors que Pénélope vient de débuter cette expérience.

Nathalie Chantal : On voulait redonner l'esprit d'autrefois à la cuisine. Un peu comme c'était le cas des cuisines de nos grand-mères, un lieu commun de rassemblement et de partage.

La chambre de travail, adjacente à la cuisine, contient plusieurs ordinateurs.

Nathalie Chantal : Il y a plusieurs îlots de travail pour chaque membre de la famille. On y va surtout pour avancer dans des projets et pour des moments d'apprentissage.

Michel Desbiens : On veut pouvoir observer ce que les enfants font sur leurs ordinateurs et vice-versa. Il est important de créer cette synergie et d'apprendre les uns des autres.

Vous êtes tous deux enseignants, au primaire et au secondaire, mais vous avez choisi de retirer Marc-Antoine et Pénélope de l'école et de les scolariser à la maison. (comme c'est le cas pour 2500 à 5000 enfants au Québec). N'est-ce pas paradoxal ?

Nathalie Chantal : C'était notre rêve, avant même d'adopter nos deux enfants, de les mettre rapidement en contact avec les technologies. L'expertise que nous avons comme enseignants nous permet d'avoir des balises et de savoir ce qu'un jeune de 8, 10 ou 12 ans doit avoir comme compétences à son âge.

Michel Desbiens : Marc-Antoine fonctionne selon ses intérêts, ce que l'école ne peut malheureusement pas offrir.

N'est-ce pas la meilleure façon d'en faire des enfants isolés et asociaux ?

Michel Desbiens : C'est tout le contraire ! Marc-Antoine réagit mieux en société. Il développe une façon de faire plus « adulte ». Avec le décalage horaire, il a découvert qu'il pouvait avoir plein d'amis français en ligne. À partir de midi, il est en contact avec eux. Et ce sont de vrais amis dans son esprit. Ils ont une interaction saine, font des projets, s'échangent des images...C'est une ouverture sur le monde. Les technologies bien utilisées, ça fait tout sauf isoler. Marc-Antoine a aussi plusieurs amis dans le quartier qu'il retrouve à la fin de leurs cours. À côté, il fait des montages vidéo, gère des forums de jeu et manipule plusieurs logiciels informatiques.

« On a fait le choix de la liberté et de la créativité »

N'est-il pas dangereux pour des enfants d'arriver sur le marché du travail sans diplômes reconnus par l'État ? .

Michel Desbiens : On a fait le choix de la liberté et de la créativité. En permettant à nos enfants de développer leur imagination en ligne, on les arme pour le marché du travail. On les prépare mieux à ce qu'il vont être dans 10 à 15 ans quand il devront se battre sur le marché de l'emploi contre des Indiens et des Chinois. Les compétences qu'ils auront vaudront bien plus qu'un diplôme.

Je me permets d'insister. Un diplôme n'a-t-il aucune valeur à vos yeux ?

Michel Desbiens : Si, à 14-15 ans, Marc-Antoine se met en tête qu'il veut devenir médecin par exemple, c'est sûr qu'il devra passer les examens ministériels pour entrer au Cégep puis à l'Université. Mais il y a plein de métiers qu'on peut exercer sans diplômes.

Comment se déroule une journée typique de Marc-Antoine à la maison ?

Marc-Antoine Chantal : J'ai deux heures de travail obligatoires. Je dois dire à l'avance à mes parents ce que je compte faire. Souvent, je choisis la lecture. Le reste du temps, je joue en ligne, je clavarde et je fais des montages photo ou vidéo. J'aime beaucoup faire l'école à la maison. Au début, c'était plus dur, car je n'aimais pas trop écrire au clavier.

Vous êtes en train de développer un projet autour du hérisson Papiko, n'est-ce pas ?

Michel Desbiens : Oui. C'est un concept sur lequel toute la famille travaille. Nous développons une application pour iPhone, à 0,99 $, qui ressemblera à un livre pour enfants et qui devrait être disponible dans les prochaines semaines. Nous sommes en train de créer toute une histoire autour de Papiko, hérisson à ventre blanc d'Afrique que nous avons adopté depuis quelques semaines. Chantal écrit les textes. Pénélope s'occupe des photos et Marc-Antoine gère plusieurs aspects techniques. On a même partagé les revenus possibles selon un pourcentage clairement établi. Et si ça ne devait rien rapporter, ce ne serait pas grave. On aura beaucoup appris tous ensemble

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