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cathie Gauthier

Des photos insupportables

L'accusée Cathie Gauthier a craqué à la vue des photos des cadavres.
© Collaboration spéciale L'accusée Cathie Gauthier a craqué à la vue des photos des cadavres.

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SAGUENAY | Cathie Cauthier, cette femme de 35 ans accusée du meurtre de ses trois enfants, s'est littéralement effondrée en larmes à la vue des photos des cadavres des jeunes victimes et de son mari, hier après-midi, amenant le juge à accepter un ajournement du procès jusqu'à aujourd'hui.

Appelée à la barre à titre de témoin expert pour la Couronne, Jacinthe Prévost, biologiste judiciaire, a montré au jury une trentaine de photos de la scène du crime, dont certaines du cadavre de Marc Laliberté, l'époux de l'accusée, et des cadavres des trois enfants, soit Joëlle, 12 ans, Marc-Ange, 7 ans, et Louis-Philippe, 4 ans. Plusieurs photos montrant des mares ou des taches de sang ont également été exhibées au tribunal.

Ne pouvant contenir ses larmes, Cathie Gauthier a mis ses mains sur son visage et a baissé sa tête sur ses genoux pendant plusieurs minutes. Voyant qu'elle semblait mal en point, son avocat, Me Dominic Bouchard, a demandé au juge Jean-Claude Beaulieu la permission d'ajourner le procès, étant convaincu que sa cliente ne pouvait plus suivre adéquatement le déroulement de l'audience. Le juge a accepté la demande. Le procès reprend donc ce matin, au palais de justice de Chicoutimi.

Sang et couteau

Spécialiste en identification d'ADN sur les scènes de crime, Jacinthe Prévost a expliqué à la cour que les trois enfants avaient été retrouvés couchés l'un à côté de l'autre sur le lit de la chambre des maîtres et qu'aucune plaie apparente n'apparaissait sur leurs corps. En reconstituant la scène, Mme Prévost a soutenu que l'accusée, qui avait le poignet droit blessé, a pris place sur l'un des côtés du lit et a placé sur son ventre son enfant Louis-Philippe. D'après l'experte, Cathie Gauthier s'est levée à un moment donné et en voulant déplacer Louis-Philippe, elle a mis du sang sur le dos du jeune enfant.

Selon Mme Prévost, Marc Laliberté, 46 ans, a pris place de l'autre côté du lit et s'est également levé lui aussi à un certain moment. Il a été retrouvé mort à côté du lit, le poignet gauche tailladé et un couteau gisant près de lui.

Plus tôt en avant-midi, l'agent Gaétan Ringuette, technicien en scène de crime à la Sûreté du Québec, a affirmé qu'un chapelet avait été accroché à la tête du lit et que des toutous se trouvaient au pied du lit. Encore là, à la vue des photos, l'accusée pleurait à chaudes larmes, tout comme certaines personnes dans l'assistance.

« Partir en paix »

En photographiant la scène, l'agent Ringuette a trouvé une note manuscrite collée sur la porte de la chambre des maîtres qui disait ceci : « Ne pas nous réanimer. Notre désir est de partir en paix. SVP merci. » Le policier a également saisi plusieurs flacons de médicaments, dont certains servaient à traiter l'anxiété et l'insomnie.

Selon Me Sonia Rouleau, procureure de la Couronne, l'accusée et son conjoint avaient convenu d'un pacte de suicide lors duquel ils ont choisi d'emporter leurs enfants. Cathie Gauthier est la seule survivante du drame survenu le 31 décembre 2008 dans la maison familiale. Me Rouleau a déposé en preuve des documents signés par les époux à l'effet qu'ils voulaient en finir avec la vie à cause de problèmes financiers.

katia.bussiere@journaldequebec.com

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