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Cathy Gauthier

«C'était un pacte...»

La policière Patricia Caire, de la Sûreté municipale de Saguenay, a découvert les corps des trois enfants et de leur père, dans la nuit du 1er au 2 janvier 2009.
Photo collaboration spéciale La policière Patricia Caire, de la Sûreté municipale de Saguenay, a découvert les corps des trois enfants et de leur père, dans la nuit du 1er au 2 janvier 2009.

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«C'était un pacte. Mon mari a tué nos trois enfants», dit l'accusée Cathie Gauthier en sanglots lors de l'appel 9-1-1 qu'elle a logé après le drame survenu dans la maison familiale de l'arrondissement Chicoutimi.

La procureure de la Couronne, Me Sonia Rouleau, a fait entendre l'enregistrement de cet appel, hier, au troisième jour du procès de Cathie Gauthier, inculpée du meurtre prémédité de ses trois enfants, soit Joëlle, 12 ans, Marc-Ange, 7 ans, et Louis-Philippe, 4 ans. Dans le box des accusés, la femme de 35 ans, qui pleurait abondamment lors de l'écoute, se tenait les oreilles, probablement pour ne pas réentendre sa voix.

L'appel 9-1-1 est entré à la centrale de police à 23 h 56, le 1er janvier 2009, et s'est terminé presque dix minutes plus tard, soit le 2 janvier. Aux premières questions de la répartitrice, Cathie Gauthier répond qu'elle a besoin d'aide, que c'est un pacte (de suicide) et que son mari (Marc Laliberté) a tué les trois enfants. Aux questions suivantes, l'accusée affirme qu'elle s'est « réveillée », qu'elle ne pense pas que son mari soit encore en vie, qu'elle est sûre que ses enfants sont morts et que tous sont dans la chambre des maîtres.

La répartitrice demande s'il y a des armes dans la maison. Cathie Gauthier répond qu'il y a « juste un couteau ». La répartitrice veut savoir quand l'événement est survenu. Cathie Gauthier dit : « J'ai l'impression que ça fait longtemps que je suis comme ça. »

« Il nous a drogués »

Toujours en sanglotant au bout du fil, Cathie Gauthier continue de répondre aux questions de la répartitrice. « Il nous a drogués toute la gang. Je me suis réveillée dans le lit avec les trois enfants. Je me suis traînée jusqu'à la cuisine pour prendre le téléphone. [...] Il est décédé. Je pense que j'ai vu ses pieds. » La répartitrice demande comment le mari s'y est pris. Cathie Gauthier répond : « Je ne sais pas, il a pris tous les somnifères ».

Cathie Gauthier indique à la répartitrice qu'elle a « le poignet coupé assez profond ». Au policier qui prend la relève de la répartitrice, l'accusée affirme qu'elle pense que son mari est mort et « qu'il avait de gros problèmes ». Elle répète ensuite qu'elle a « le poignet coupé assez profond ». Il lui demande qui l'a blessée. Elle répond : « C'est lui. Il a dit qu'on ne commencerait pas l'année ». Plus tard dans la conversation, elle demande : « On est quoi? (quel jour) ». Le policier répond qu'on est le 1er janvier, jeudi soir. Cathie Gauthier affirme que « ça fait 24 heures que c'est arrivé ».

Traces de sang

Arrivés sur les lieux du drame dans les minutes suivant l'appel 9-1-1, les policiers Patricia Caire et Martin Tremblay, de la Sûreté municipale de Saguenay, ont respectivement affirmé au tribunal que les enfants et le mari ont été retrouvés morts dans une chambre et que Cathie Gauthier a été retrouvée dans la cuisine, couchée, le téléphone sous son oreille. Tant le mari que l'accusée avaient un poignet tallaidé. Selon les deux policiers, des traces de sang était visibles dans la chambre, dans la salle de bain et dans le salon.

En contre-interrogatoire, hier matin, la biologiste judiciaire Jacinthe Prévost a confirmé qu'un seul couteau a été retrouvé sur les lieux du drame. Elle a affirmé qu'il n'est pas impossible que ce couteau ait servi à la fois pour taillader le poignet de l'accusée et celui de son mari. Le couteau a été retrouvé près du corps du défunt.

Le procès se poursuit aujourd'hui au palais de justice de Chicoutimi.

katia.bussiere@journaldequebec.com

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