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Le créateur québécois dit que non

Les Têtes à claques plagiées ?

Les Têtes à claques plagiées ?
© Courtoisie

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Au premier coup d'œil, la ressemblance est frappante. Une orange crâneuse, bouche humaine et yeux exorbités, lance des invectives à une pomme. On croit voir les petits tannants qui passent l'Halloween ou l'animateur du Wally Waller. Mais surprise, il ne s'agit pas d'un nouveau sketch des Têtes à Claques.

Cette mise en scène qui fait fureur sur Youtube est plutôt celle de Gagfilms, un groupe américain qui a lancé la série «Annoying Orange». Certains clips de ces oranges corrosives qui ont été placés sur Internet en octobre ont cumulé plus de 3 millions de clics.

Mais il y un truc qui agace. Ces oranges ont été créées en utilisant le même principe que celui qui a été mis de l'avant par Michel Beaudet, le créateur des Têtes à Claques alors que certains éléments du visage humain sont intégrés aux fruits.

En entrevue avec Argent, M. Beaudet affirme avoir eu vent du populaire concept. «Il y a effectivement des gens qui nous ont appelés pour nous signaler la ressemblance entre ces oranges et nos personnages», affirme-t-il tout en avouant qu'il a trouvé le concept plutôt comique.

Les Américains ne l'ont pas contacté

Selon le créateur des Têtes à Claques, Gagfilms n'est jamais entré en relation avec lui. Du même souffle, il affirme que malgré les ressemblances le concept développé par l'Américaine est tout de même différent.

«Il ne s'agit pas de poupées comme nos personnages. C'est très commun dans notre milieu. Souvent, on utilise des concepts existants et on les modifie un peu. Et surtout, ils évoluent dans un autre marché que le nôtre», affirme M. Beaudet.

Il y a quelques années, un concept similaire encore plus proche des Têtes à Claques avait été lancé sur Youtube au nom de Viz-edZ et qui est encore disponible sur le site de partage de vidéos. Mais l'audience était beaucoup moindre avoisinant plutôt les 10 000 clics.

M. Beaudet affirme qu'il n'entreprendra pas une action judiciaire contre les créateurs des Annoying Orange. «C'est dans l'air du temps. Les gens sont devant un écran d'ordinateur et ils peuvent créer toutes sortes de personnages. C'est normal que les choses finissent par se ressembler », affirme-t-il philosophe.

Toute de même, si le créateur des populaires poupées vivantes décidait d'intenter une poursuite pour plagiat contre la boîte américaine, ses chances pourraient être bonnes de l'emporter.

Normand Tamaro, spécialiste en droits d'auteur, affirme qu'il pourrait s'agir d'une cause gagnante. «Il s'agit clairement d'un dossier sérieux. Mais l'idée et l'expression rappellent clairement celles inventées par Michel Beaudet», estime-t-il.

Une action judiciaire pourrait être entreprise au Canada ou aux États-Unis. «Car les personnages sont disponibles via Youtube sur notre territoire», a-t-il souligné.

Il existe une jurisprudence au Québec. Il y a quelques années, un producteur de films érotiques avait voulu mettre en scène les personnages de La Petite Vie. Mais le juge avait statué qu'il s'agissait d'un phénomène social qui ne pouvait être utilisé dans un autre but.

Des projets dans l'air

Par ailleurs, M. Beaudet affirme qu'il y a encore tout plein de projets dans l'air pour les Têtes à Claques. Son site accueille encore environ 1 million de visiteurs uniques par mois. Ce qui est tout de même loin du zénith obtenu il y a deux ans où 3 millions de visiteurs surfaient entre la «belle Cécile» et les pilotes d'avion.

Le créateur planche également sur une série originale de 13 épisodes de 30 minutes qui devrait être diffusée dans un an et demie. Il a été impossible de connaître quel sera le diffuseur de la série.

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