/homepage
Navigation
Mine à ciel ouvert en Abitibi

Un résidant résiste toujours à l'expropriation

L'entreprise minière Osisko a réussi à déplacer 205 résidents pour la construction d'une mine à ciel ouvert.
© Photo Le Journal L'entreprise minière Osisko a réussi à déplacer 205 résidents pour la construction d'une mine à ciel ouvert.

Coup d'oeil sur cet article

VAL-D'OR | Ken Massé persiste et signe. Ce dernier résidant qui résiste toujours à l'expropriation ne quittera pas la maison de son enfance dans le quartier de Malarctic visé par Osisko. Il veut d'ailleurs intenter un recours collectif contre l'entreprise minière, qui a réussi à déplacer les 205 autres résidents.

La maison de Ken Massé est entourée de barrières avec le mot danger écrit partout. Des vibrations continues rythment les jours de cette famille malarticoise, seule au milieu de la construction d'une mine à ciel ouvert.

La minière Osisko a demandé, au début d'avril, au ministère des Ressources naturelles d'appliquer la Loi sur les mines pour forcer la famille à partir. Le dossier est à l'étude. Pour le moment, l'entreprise doit contourner la dernière demeure de Malartic sud pour construire sa mine.

Malgré cette menace, Ken Massé résiste. « Je suis bien chez nous. J'ai grandi ici. Osisko n'a pas d'affaire à venir ici, faire un grand trou, polluer la ville et repartir avec tout le cash sans rien nous laisser. Cet argent nous revient », estime celui qui vit dans sa maison avec sa femme et ses quatre enfants.

Selon lui, un tel projet devrait profiter à la collectivité. « Ça devrait améliorer notre qualité de vie, mais en ce moment ce n'est qu'illusoire. Tu délègues ton terrain pour que les autres s'enrichissent et toi tu bénéficies d'une hausse de taxe. Quel beau cadeau! » ironise-t-il. Avec du recul, Ken Massé ne regrette pas sa décision de refuser les offres d'Osisko, soit environ 100 000 $ la première et 350 000 $ la dernière, pour sa maison et son terrain évalués à 16 800 $, selon des documents présentés par l'intéressé. « J'ai vu comment l'entreprise a agi avec le monde. Pourquoi j'embarquerais dans cette galère? » demande-t-il.

Recours collectif

Brimé dans son droit de propriété, selon lui, M. Massé veut intenter, avec l'aide de Réjean Aucoin, un recours collectif de 208 millions de dollars contre la Ville de Malartic, Osisko, le BAPE et plusieurs autres. « Bien des gens ont vendu ou déménagé leurs maisons et voudraient revenir, mais Osisko a tout saccagé, déplore M. Massé. Je sensibilise le monde au recours collectif et plusieurs veulent embarquer, des propriétaires et des locataires. »

Autres raisons

Le Malarticois a bien d'autres raisons de tenir tête à la minière. « On paie beaucoup de taxes, mais la Ville s'endette avec le carrefour giratoire, le parc industriel et les lumières à changer sur la 117, tout ça pour le projet Osisko, sans lui demander des redevances. La Ville permet à une multinationale de prendre l'or et de se sauver. Ce sont les citoyens qui vont payer pour ça », rage-t-il.

Il demeure debout dans cette lutte contre une multinationale. « On est encore là. Les gens vont réaliser que c'est vraiment gros comme projet et que ça aura des impacts sur l'environnement. Je me prépare à faire des rénovations sur ma maison. Je ne suis pas prêt de partir. Je vais résister. »

Commentaires