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PROCRÉATION ASSISTÉE

Trop de questions en suspens

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La réglementation destinée à encadrer les activités de procréation assistée comporte d'importantes lacunes, notamment au chapitre du financement et de l'accessibilité gratuite, estime le Conseil du statut de la femme.

«Au Conseil, on ne s'oppose pas au financement par l'Etat de la procréation assistée. Toutefois, compte tenu du taux de succès de seulement 29% au Québec des techniques de procréation assistée, il y a lieu de s'interroger sur la pertinence d'injecter, à ce moment-ci, 80 millions$ par an dans un tel programme. C'est beaucoup d'argent. Ce qui nous inquiète, c'est qu'il n'y a pas vraiment eu de débat public sur la question du financement», a énoncé la présidente du Conseil du statut de la femme, Christiane Pelchat, en entrevue au Journal de Québec.

Dans un son avis déposé au ministère de la Santé, lors des récentes consultations sur les deux projets de règlement entourant les activités de fécondation in vitro, le Conseil y va de pas moins d'une vingtaine de recommandations. Selon Mme Pelchat, une commission parlementaire devrait être saisie des enjeux importants entourant la procrétation assistée.

«Nous avons des réserves sur plusieurs points touchant le côté technique, entre autres en ce qui a trait à la recherche et à l'éthique, qui est «bordeline» dans le projet actuel de réglementation. On va vite! Or, quand on commence à financer un programme, cela peut devenir un gouffre sans fin», a notamment fait ressortir Mme Pelchat.

Après examen des mémoires reçus, le ministère de la Santé déterminera s'il y a lieu d'apporter des modifications aux règlements. On maintient le cap sur leur adoption pour la fin juin, a-t-on indiqué au cabinet du ministre Yves Bolduc.

Selon Mme Pelchat, les règlements ne font état d'aucune mesure pour contrer l'infertilité. «On sait que les maladies transmissibles sexuellement sont une cause d'infertilité. En 2006, à Montréal, la chlamydia était en hausse de 250%, chez les jeunes. Le gouvernement a enlevé les cours d'éducation sexuelle dans les écoles.»

Qualité de l'embryon

Autre imprécision constatée, les projets de règlement stipulent que, s'il est de qualité, un seul embryon sera transféré, mais on ne précise cependant pas ce qu'est un embryon de qualité. La réglementaire prévoit par ailleurs qu'en cas d'échec, après trois essais, si les personnes souhaitent poursuivre, elles devront payer les essais subséquents.

Ces services tarifés seront alors offerts par les mêmes médecins, qui jusque là prodiguaient aux mêmes personnes des services couverts par le régime public. Selon le Conseil, les médecins concernés risquent de se retrouver en position de conflit d'intérêts. «On demande que le programme de procréation assistée soit réévalué aux trois ans par des experts indépendants», a précisé Mme Pelchat.

johanne.roy@journaldequebec.com

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