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ex-juge accusé

«J'ai un fort désir de prouver mon innocence»

Dans l'affidavit signé de sa main, Jacques Delisle écrit ceci : « Je ne suis aucunement suicidaire : au contraire, j'ai un fort désir de vivre et de prouver mon innocence au procès. »
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Le juge à la retraite de la Cour d'appel accusé du meurtre prémédité de sa conjointe, Jacques Delisle, entend soutenir devant la Cour supérieure que la preuve retenue contre lui est de nature spéculative et qu'il n'y a pas de motif sérieux pour le garder en détention pour la suite des procédures.

C'est du moins l'un des arguments contenus dans le requête pour ordonnance de remise en liberté déposée au greffe de la Cour supérieure par l'un des avocats de Jacques Delisle, Me Jacques Larochelle, et qui sera débattue demain matin devant le juge Claude Gagnon.

Pour la défense, il serait « véritablement ridicule de suggérer que, s'il est mis en liberté, il y aurait probabilité marquée qu'il commette une infraction criminelle ou nuise à l'administration de la justice, qu'il a au contraire servie toute sa vie ».

Au motif que sa détention est nécessaire pour assurer sa présence devant le tribunal, Me Larochelle oppose que l'âge de l'accusé, ses attachements familiaux et professionnels à la ville de Québec, le fait qu'il soit propriétaire d'une résidence à Québec qu'il occupe depuis 20 ans et le sens de l'honneur reconnu du juge Delisle plaident en faveur de sa remise en liberté. L'intention manifestée par Jacques Delisle de prouver son innocence au procès « que non seulement il ne craint pas, mais qu'il appelle de tous ses vœux » assurera également sa présence à la Cour, estime la défense.

En ce qui a trait à la probabilité de condamnation (autre motif pour lequel la Couronne peut s'opposer à la remise en liberté d'un prévenu), Me Larochelle rappelle que son client n'a fait aucun aveu et que la preuve recueillie contre lui résulte de déductions pour le moins spéculatives.

Comme s'il avait envie d'en découdre avec le système pour lequel il a œuvré toute sa vie, Jacques Delisle annonce déjà qu'il entend attaquer la constitutionnalité de la peine minimale prévue dans la loi en cas de condamnation à la seconde accusation de possession d'une arme prohibée chargée sans autorisation. Au demeurant, cette seule accusation ne justifie pas son maintien en détention, plaide la défense.

La requête déposée hier confirme par ailleurs que Marie-Nicole Rainville a été victime, en 2007, d'un AVC qui l'a laissée paralysée du côté droit et que son état s'est encore aggravé à l'été 2009 par une fracture accidentelle de la hanche.

Enfin, dans l'affidavit signé de sa main, Jacques Delisle souligne : « Je ne suis aucunement suicidaire : au contraire, j'ai un fort désir de vivre et de prouver mon innocence au procès. »

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