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Chronique

Mixité à imiter

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Un élève inscrit à l'école privée n'engendre pas une dépense pour le gouvernement du Québec, mais une économie. C'est pourtant facile à comprendre!

Ses parents paient pour le réseau scolaire public, à travers leurs impôts et taxes. En plus, ils paient à l'école privée 40 % du coût/élève et le gouvernement 60 %. Les adversaires de l'école privée ressortent la même revendication, année après année : couper les subventions à l'école privée pour diriger la totalité du budget prévu pour l'éducation vers le réseau public. Ils ne se rendent pas compte qu'ils se tirent dans le pied avec une telle exigence.

Une enquête déjà menée pour le compte de la Fédération des établissements d'enseignement privés a démontré qu'une baisse de la subvention gouvernementale par élève entraînerait une forte décroissance de la clientèle du privé, les parents n'ayant plus les moyens d'y inscrire leurs enfants. Un fort pourcentage des élèves transférerait vers le public. Le nombre de dollars versés par élève, aux commissions scolaires, serait alors moindre qu'il l'est actuellement.

La classe moyenne

La gauche sociale, au Québec, entretient aussi le mythe que l'école privée est l'école des riches. Or, seulement le tiers des parents d'élèves inscrits au privé ont un revenu familial supérieur à 80 000 $. Par contre, le revenu familial de 40 % des parents est inférieur à 60 000 $. Pourtant, le privé connaît une hausse de popularité constante, comme l'ont démontré les statistiques publiées dimanche, par Le Journal.

Le choix du privé repose sur les mérites qu'on lui reconnaît, l'importance accordée par les parents à l'éducation, le désir d'équiper le mieux possible leurs enfants pour leur avenir et le meilleur encadrement qu'on y trouve. Les écoles privées ont été envahies ces dernières années par des enfants issus de la classe moyenne.

saine concurrence

L'école privée a remorqué le réseau public vers le haut. La croissance de sa clientèle et les classements des écoles publiés par les médias, même s'ils étaient dénoncés par les commissions scolaires et les syndicats d'enseignants, ont eu un effet très positif. Ils ont provoqué d'abord une prise de conscience du fossé qui se creusait entre les deux secteurs et une volonté bien affirmée par la suite de relever la qualité du public. Le gouvernement Charest a pour sa part été forcé d'investir davantage en éducation. Diverses approches sont également développées pour contrer le décrochage record au niveau secondaire.

Des résultats tangibles sont constatés lors de la publication de chaque palmarès. Des écoles publiques font des gains spectaculaires de rangs au classement.

Plutôt que de chercher à éliminer cette concurrence, il faut donc au contraire l'entretenir.

Les Québécois seraient aussi gagnants si les gouvernements avaient l'épine dorsale pour l'étendre à la santé. Un pareil modèle mixte allègerait le poids financier de cette machine boulimique et, du même coup, faciliterait l'accessibilité au réseau public. Plusieurs pays, dont certains parmi les plus progressistes, ont développé des systèmes de santé public-privé complémentaires.

En éducation, avec 12,7 % du nombre total d'élèves inscrits dans le réseau privé, les parts de marché de ce dernier ne menacent en rien le réseau public. Il n'y a que des effets bénéfiques. En santé, le coût des assurances privées servirait de régulateur au développement contrôlé de l'espace occupé par le privé.

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