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Jaloux séduit les festivals

Mission accomplie pour Patrick Demers

«Jaloux, c'est la preuve qu'il n'y a pas seulement une façon de faire les choses», ­argumente Patrick Demers.
© Cédric Bélanger «Jaloux, c'est la preuve qu'il n'y a pas seulement une façon de faire les choses», ­argumente Patrick Demers.

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Il en a fallu de la patien­ce et de la débrouillardise pour que Patrick Demers tourne enfin son ­premier film, Jaloux, mais fort des sélections aux festivals de Karlovy Vary et de Toronto, le réalisateur de 40 ans peut dire mission accomplie.

Demers croyait pourtant qu'un long ­métrage était dans la poche quand, en 1999, ici même au Festival international du film de Toronto, il a remporté le prix du meilleur court métrage canadien.

« Je croyais que ça m'aiderait, dit-il. Mais non, j'ai dû faire comme tout le monde et passer par la façon traditionnelle de subventionner un film. »

Sauf que son approche peu orthodoxe n'a pas gagné l'assentiment des institutions. Le cinéaste laisse place à beaucoup d'improvisation sur le plateau, de sorte que lorsqu'il présente ses projets, ceux-ci ne contiennent aucun scénario.

Pour Jaloux, seul le Conseil des arts du Canada lui a décerné une bourse.

« Ça semble trop risqué. Mais il n'y a rien qui n'est pas risqué en cinéma. Même quand il y a un scénario et que tout est là. Des ­projets grassement subventionnés ont été des flops. »

Les festivals embarquent

Après des années de labeur conclues par un tournage en 2008 et une année subséquente de montage dans le sous-sol de la ­résidence du réalisateur, et grâce à une avance de fonds du distributeur, Jaloux a ­finalement vu le jour. En tout, le film a coûté la modique somme de 500 000 $.

Surprise! La Quinzaine de réalisateurs de Cannes le prend en considération dans sa ­sélection, au printemps. Bredouille de ce côté, mais le Festival de Karlovy Vary, en République tchèque, lui ouvre ensuite ses portes, tout comme Toronto.

« Pour moi, c'est mission accomplie. On l'a tellement fait à bout de bras, ce film. C'est la preuve qu'il n'y a pas seulement une façon de faire les choses », se réjouit le ­cinéaste, qui entend d'ailleurs conserver la même approche pour son prochain long ­métrage.

Bon suspense

Thriller finement mené, Jaloux nous fait suivre le trajet d'un couple au bord de ­l'implosion (Sophie Cadieux et Maxime Denommée), qui passe un week-end dans un chalet, en pleine forêt, pour faire le point.

Ils y feront la rencontre d'un personnage aussi étrange qu'inquiétant (Benoît Gouin, excellent) qui les poussera chacun dans ses derniers retranchements.

Le grand public pourra se faire une idée à sa sortie en salles, en janvier, mais déjà, on peut vous dire que le résultat est étonnant. Le suspense tient la route et jamais n'a-t-on l'impression que les acteurs ont improvisé leurs dialogues.

« C'est un film avec lequel le public trouve son plaisir », résume Patrick Demers.

cedric.belanger@journaldequebec.com

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