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Bastarache et Québec

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Soyons chauvins. L'affaire Bellemare-Bastarache est une affaire qui concerne tout le Québec, mais principalement la région de Québec.

Les acteurs principaux sont de Québec, Marc Bellemare au premier chef, Charles Rondeau, Franco Fava. Le premier ministre Jean Charest n'est pas vraiment de Québec et il dû avouer, cette semaine, qu'il nous gratifiait d'environ 30 % de son temps sur une période d'un an.

Les témoins secondaires, Pierre Legendre, Georges Lalande, Gérard Bibeau, Chantal Landry, Michel Després... demeurent également à Québec. Le réseau d'influence qui a été révélé par l'ex-ministre de la Justice est le réseau de l'est du Québec. Des gens bien informés affirment que, dans la région de Montréal, d'autres solliciteurs de fonds libéraux en mènent large lorsqu'il s'agit de combler des postes.

RETOMBÉES

On sait déjà que la facture de la commission Bastarache − surtout si on ne peut mettre le doigt sur la vérité − sera salée et il ne sera pas surprenant qu'elle excède les six millions prévus, étant donné qu'elle a demandé et obtenu une extension de la durée de son mandat.

La commission a des retombées pour la ville de Québec et contribue à l'effervescence qu'on y enregistre depuis quelques années. Normalement, le mois d'août est soporifique au plan politique dans la capitale, les députés sont de retour pour la session à la mi-octobre (elle débute dorénavant en septembre).

La commission a loué des locaux, engagé 12 procureurs, lancé ses opérations.

Depuis le début des audiences, il y a bien une dizaine d'avocats de gros calibre qui représentent le gouvernement, le Parti libéral, le premier ministre, le Barreau, les Tribunaux administratifs, la Conférence des juges.

Pour la plupart, ils pratiquent dans la métropole, mais sont à Québec quatre ou cinq jours par semaine. Cela signifie des dépenses d'hôtel, des repas au restaurant, etc., assumées évidemment par le gouvernement qui a mis sur pied la commission.

Des avocats plus expérimentés ont eu le flair de louer un appartement, prévoyant que les travaux seraient plus longs que prévu. Certains sont flattés d'être reconnus sur la rue.

PETITS ET GRANDS RESTOS

Les petits restaurants près du bureau des audiences ne désemplissent pas le midi. Il est d'ailleurs assez amusant de constater que les journalistes se font interpeller à l'heure du lunch par tout un chacun pour résumer ce qui s'est passé le matin, témoin du succès d'audience de la commission.

Les restaurants plus huppés reçoivent la faune bastarachienne le soir.

Durant le témoignage, plusieurs bonnes tables de Québec ont eu droit à de la publicité gratuite alors qu'on marchait dans les pas de Marc Bellemare... le Michelangelo au premier chef, mais on nommait tous les jours le Bistango, le Rascal, le Cochon Dingue et le St-Hubert. Même le Gros Hector, identifié à tort comme le Hector Patates, a eu droit à une mention.

Les « natifs » ont dû expliquer durant la pause ce qu'est ce haut lieu du fast food.

TÉLÉ

Les travaux de la commission ont aussi attiré les grands réseaux de télé comme cela arrive lors des grands événements politiques.

Oui, la commission coûte cher, mais consolons-nous en nous disant qu'elle fait rouler un tant soit peu l'économie locale et, Québec a l'air, pour une fois, d'une vraie capitale qui grouille de personnages importants et d'affaires juteuses.

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