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Crise d'octobre

Une mort fortuite, pas un assassinat

Pierre Laporte
© Les ARCHIVES Pierre Laporte

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Pierre Laporte n'a pas été assassiné froidement par ses ravisseurs, même si les membres de la cellule Chénier ont affirmé l'avoir supprimé.

Francis Simard écrit, dans son livre Pour en finir avec octobre : « La décision que nous avons prise, c'est que nous l'avons tué. Ce n'est pas du tout un accident. » Au terme de son enquête commandée en 1977 par le gouvernement péquiste de René Lévesque, le commissaire Jean-François Duchaîne concluait que la mort de M. Laporte était le résultat d'une strangulation fortuite.

Le décès est survenu le 17 octobre. La veille, le gouvernement fédéral avait promulgué la Loi sur les mesures de guerre. Le corps de M. Laporte a été découvert le 18 octobre, dans le coffre d'une voiture, à proximité de la base des Forces armées canadiennes à Saint-Lambert.

Les ravisseurs de M. Laporte n'avaient aucune intention de le tuer, croit le journaliste Louis Fournier, auteur du livre FLQ − Histoire d'un mouvement clandestin. Pas plus les geôliers de James Richard Cross, ajoute-t-il. S'inspirant du rapport Duchaîne, M. Fournier soutient que la mort de M. Laporte est survenue au moment où ses gardiens tentaient de le transporter dans un autre endroit. La maison de la rue Armstrong où M. Laporte était séquestré, à Saint-Hubert, risquait à tout moment d'être découverte par la police, craignaient-ils.

Prise de cou fatale

« Ils ont décidé de l'emmener ailleurs. Les photos du coffre de la voiture où M. Laporte a été découvert montrent qu'on y avait placé un oreiller et des draps (...) C'est logique de penser qu'au moment de l'embarquer dans le coffre de l'auto, M. Laporte s'est braqué. » En tentant de maîtriser leur otage, les ravisseurs l'ont empoigné par le cou en effectuant un mouvement de torsion sur le col du chandail de laine que portait la victime. La chaînette que M. Laporte portait au cou aurait accentué l'effet d'étranglement. « Une fois la prise relâchée, M. Laporte était mort », a écrit le commissaire Duchaîne dans son rapport.

La veille, Pierre Laporte avait tenté de s'évader en se lançant par une fenêtre avec un oreiller, s'infligeant de graves blessures aux bras. Il avait perdu beaucoup de sang, raconte Jean-Claude Trait, dans son livre Offensive d'automne.

Avant la mort de M. Laporte, le FLQ bénéficiait d'un certain courant de sympathie au sein de la population, signale Louis Fournier. L'opinion publique a basculé dans l'autre camp dès que la mort du ministre a été rendue publique. « L'as­sassinat de M. Laporte a cristallisé l'opinion publique contre le terrorisme », acquiesce Jérôme Choquette, qui était ministre de la Justice du Québec en 1970.

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