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Il était une fois.Peanut!

Le penchant pour la cascade autorise Félix Sévigny-Lévesque à croire aux Jeux olympiques.
© Karl Tremblay Le penchant pour la cascade autorise Félix Sévigny-Lévesque à croire aux Jeux olympiques.

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Allergique aiguë aux arachides, victime de multiples commotions, abonné à des salles d'urgence et parfois adepte d'une randonnée en ambulance; Félix Sévigny-Lévesque a la réponse toute prête à ceux qui lui suggèrent d'écrire un livre sur ses aventures: «Euh, c'est parce que je l'ai écrit, mon livre!»

En trois jours, cet étudiant en enseignement du français à l'université Laval a pondu un récit sur ses 10 plus belles «débarques», toutes disciplines confondues. Malgré ses jeunes 20 ans, la matière ne manque pas. Quand «Il était une fois.Peanut» paraîtra, qui sait, l'ouvrage pourrait comprendre un paragraphe portant sur les Jeux olympiques.

Propulsé dans l'élite mondiale

Le jeune homme d'Ancienne-Lorette formait avec François Boudreau, de L'Ange-Gardien, la frêle représentation québécoise parmi les 27 concurrents à l'épreuve de demi-lune de la Coupe du monde, hier à Stoneham. Le dossard no 23 s'élançant dans la cuve glacée d'une profondeur de 22 pieds serait le dernier prototype du planchiste en caoutchouc.

Le profil téméraire de «Peanut» pourrait devenir un atout pour l'équipe nationale de demi-lune engagée dans une reconstruction en vue des Jeux de 2014. Rompu à la planche à neige depuis l'âge de 9 ans, une série de commotions cérébrales subies dans diverses épreuves «olé olé» l'ont converti à la demi-lune, au printemps 2010. L'observant du coin de l'oeil, l'entraîneur de l'équipe du Québec, Yves Martineau, l'a encouragé à exploiter son potentiel, ce à quoi il s'applique depuis trois mois seulement.

«Yves m'a suggéré de faire une compétition, ne serait-ce que pour commencer à me faire connaître. J'ai payé ma licence à la FIS (250 dollars à la Fédération internationale de ski) pour participer à une épreuve secondaire à Stoneham (le 10 février). C'est à ce moment qu'on m'a annoncé que les deux premiers auraient un accès direct pour la Coupe du monde. J'ai dit: pardon?», raconte le rigolo, qui a poussé son audace jusqu'à remporter ce concours devant son copain Boudreau.

On verra pour les JO

Voilà donc, messieurs et mesdames les juges, un nouveau prospect venait d'émerger dans cette discipline à la fois pointue et marginale. Pour l'idée olympique, Félix va y penser, lui qui a dû s'investir à un rythme de cinq journées d'entraînement par semaine - trois heures le matin et trois autres en soirée -, afin de bien assimiler les subtilités de ce sport casse-cou.

«Je ne sais pas. Si je me lance pour les Jeux olympiques, ça veut dire que je devrai mettre de côté mes études et mon réseau social. Je ne suis pas dans un conte de fée, quand même. Je vois aujourd'hui ce que ça signifie que de se trouver avec les meilleurs au monde», constate-t-il.

Quoi de neuf, docteur?

Pas de doute que «Peanut» pourrait avoir trouvé le sport convenant à ses envies de défier la gravité. Une éraflure sous l'oeil gauche, résultat d'une chute à l'entraînement de la veille, trahissait sa négligence d'avoir laissé ses lunettes dans son sac pour mieux profiter du soleil. Ennuyé par une fracture au poignet droit subie il y a quelques semaines, c'est avec le poignet droit dans un plâtre qu'il s'est exécuté hier.

Félix «le chat» a de multiples vies, nous a-t-on dit. Il y a deux ans, lors d'un concours de voltiges à Mont-Tremblant, un mauvais calcul l'a fait atterrir à plat ventre d'une hauteur d'une soixantaine de pieds.

«Dans l'ambulance, j'ai entendu le médecin demander au technicien: quoi, y é pas mort? Je lui ai crié: coucou, je suis en vie!», nous jure «Peanut».

«Deux heures après ma chute, j'étais revenu dans les estrades. Les spectateurs se demandaient bien ce que je faisais là.»

Des précautions en ville

Ce temps d'automne ne compromet cependant pas la tenue du Big Air au centre-ville, aujourd'hui. Pour déployer leurs mesures de prévention, les organisateurs ont effectué une razzia dans des quincailleries de la région et auprès d'entreprises spécialisées en construction afin de dénicher de longues toiles de plastique. Des abeilles se sont affairées à recouvrir de haut en bas l'immense structure enneigée de l'ilôt Fleurie. Après les qualifications en après-midi, la finale se jouera entre 19 h et 20 h.

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