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Manifestation

«Kadhafi, dégage!», scandent les Montréalais

Haroun Bouazzi prononce un discours lors de la manifestation de soutien à la Libye organisée par la communauté arabe de Montréal au Square Dorchester.
© Agence QMI / t Luc Cinq-Mars Haroun Bouazzi prononce un discours lors de la manifestation de soutien à la Libye organisée par la communauté arabe de Montréal au Square Dorchester.

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MONTRÉAL - Mouammar Kadhafi doit mettre un terme au massacre de la population libyenne et se soumettre à la volonté de la rue. Tel est le message qui a été scandé haut et fort par quelque 150 manifestants réunis mardi, au Square Dorchester, à Montréal.

«Le peuple libyen souffre depuis 42 ans en raison de cet homme impitoyable. Ils veulent la liberté», a déclaré avec conviction Ahmed Almaghrawi, un Libyen d'origine établi à Montréal depuis 1996, qui se dit nullement surpris par le combat que mènent ses compatriotes.

«Le peuple attendait cette occasion et elle s'est présentée par l'entremise des événements en Tunisie et en Égypte. Ça leur a donné le courage de se lever et de combattre la peur, qui n'est maintenant plus un facteur. [.] Kadhafi a détruit la Libye pendant 42 ans. Il s'agit d'un pays riche, mais l'argent a été utilisé par ce diable. La population n'a pas accès à des soins médicaux, ni à l'éducation», a tonné celui qui craint que le régime en place se livre à une véritable boucherie à compter de mercredi.

Des inquiétudes qui rejoignent celles entretenues par Hemat Khada, une jeune Libyenne inquiète pour les membres de sa famille qui habitent toujours à Tripoli et avec qui il est pratiquement impossible de communiquer avec eux.

«Ce n'est pas juste que ces Libyens se fassent tuer par ce bâtard qui fait abattre les gens dans la rue. Ma famille ne peut pas sortir de chez elle, car elle est effrayée. Ce n'est pas un comportement civilisé. Les manifestants n'ont pas de fusil. Ils se battent avec leurs croyances et des pierres.»

Cette répression musclée surprend d'ailleurs Azza Dridi, une Tunisienne ayant vécu pendant quatre ans en Libye.

«Kadhafi a toujours appelé, dans son livre vert, à la révolution des peuples, au respect des révolutions en disant que la décision est entre leurs mains. J'ai été déçu de constater tous ces massacres. J'aurais aimé qu'il ait le minimum d'amour pour ce peuple, mis à l'écart pendant des années. J'ai toujours estimé qu'il était différent des autres, qu'il allait laisser le peuple choisir.»

Vague de solidarité

Aux côtés des Libyens, on comptait beaucoup de Tunisiens et d'Égyptiens présents à la manifestation. C'était notamment le cas d'Haroun Bouazzi, qui se réjouit du vent de changement qui souffle actuellement.

«Nous avons besoin nous aussi de notre Révolution tranquille et aujourd'hui, elle est en marche dans tout le monde arabe», lance ce Tunisien qui estime que les changements sont maintenant inévitables.

«Une fois que la Tunisie est tombée, l'Égypte était la dernière digue qui retenait ces dictateurs. On voit mal ce qui pourrait arrêter ce mouvement.»

Et chaque lutte fait avancer les choses, rappelle Mostafa Henaway, Égyptien d'origine.

«Si le peuple libyen remporte son combat, les autres dictateurs ne feront pas usage de la force, car ils vont savoir que celle-ci amène la population à aller encore plus loin. C'est d'ailleurs ce qui s'est produit en Égypte. Moubarak pensait également que la violence brutale réduirait la population au silence.»

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