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Victime de la »mangeuse de chair»

Le combat de David Audesse est terminé

David Audesse en compagnie de proches lors d'une entrevue, l'an dernier. À ce moment, malgré son courage, il disait vivre au jour le jour.
© Les Archives Karl Tremblay David Audesse en compagnie de proches lors d'une entrevue, l'an dernier. À ce moment, malgré son courage, il disait vivre au jour le jour.

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Plus d'un an après avoir subi l'amputation des deux bras et des deux jambes en raison d'une bactérie, David Audesse, 32 ans, de Buckland, a été retrouvé sans vie il y a quelques jours.

En avril 2010, David avait ému les auditeurs de CHOI et les lecteurs du Journal en accordant une entrevue dans laquelle il soutenait que sa force et sa détermination lui permettraient de se relever de cette terrible épreuve.

Quelques semaines plus tard, au mois de mai, environ 1 000 personnes ont convergé à Buckland pour participer à « La Veillée à Audesse », afin d'amasser des dons pour faciliter sa réhabilitation.

Cet exercice de solidarité avait permis d'amasser 26 487 $, en plus des 20 000 $ octroyés par la Fondation Maurice Tanguay.

L'entreprise IPL, de Saint-Damien, où travaillait M. Audesse avant son accident, avait aussi décidé de contribuer à la cause en remettant 7 500 $.

Changement important

La générosité de tous avait donc permis d'amasser une somme de plus de 50 000 $. Malgré l'effort de ses proches et en dépit d'une année complète de réadaptation, les renseignements obtenus laissent croire qu'il en avait assez.

L'Institut de réadaptation en déficience physique de Québec (IRDPQ) s'est réfugié dans son obligation de confidentialité. David Audesse devait quitter l'établissement très bientôt pour rentrer chez lui de façon permanente.

Difficile de savoir si ce départ le rendait craintif. Si ce dernier avait été victime d'un accident de travail ou d'un accident de la route, les ressources financières et matérielles auraient été illimitées ou presque.

« Des gens sont sous le choc. Plusieurs personnes étaient très proches de lui depuis des années », a confié une source de son ancien milieu de travail.

L'entourage du défunt demeure prudent dans ce triste dossier. Sa mère, son ex-conjointe et des membres de la famille n'ont pas répondu aux appels et aux messages. Les enquêteurs de la Sûreté du Québec tentent actuellement de savoir de quelle façon est décédé l'homme handicapé. Plusieurs questions restent sans réponse et des gens ont été rencontrés à ce sujet.

Septicémie à pneumocoque

Le destin de David Audesse a basculé dans la nuit du 10 au 11 décembre 2009.

Des plaques mauves et même noires sur son corps indiquaient alors une situation dramatique, une septicémie à pneumocoque. En sortant du coma, il constate l'amputation et refuse la pitié.

S'il avait eu à prendre la décision, il répond qu'il se serait laissé mourir. En entrevue l'an dernier, il disait avoir été choqué lorsqu'il a appris que les médecins l'avaient réanimé après un arrêt cardiaque.

« Je me disais que j'aurais eu une belle porte de sortie. Mais ça a ben l'air que les choses ne devaient pas se passer de cette façon-là ».

Au sujet de son avenir, David avait répondu : « Pour moi, il n'y en a pas vraiment. Je vis maintenant au jour le jour. »

En décembre 2009, les députés de l'Assemblée nationale ont décidé, à l'unanimité, d'étudier la question de mourir dans la dignité.

La Commission a ensuite rédigé un document de consultation pour informer la population. Une consultation publique a eu lieu au cours des derniers mois sur ce grand débat social.

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