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Pas une bonne idée d'ignorer la réalité

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Face à l'adversité, plusieurs personnes choisissent la fuite. Ne pas voir les difficultés. Ne pas les reconnaître, voire même les ignorer. Puis, un beau matin, c'est le coup de masse. Les problèmes nous rattrapent. Il est parfois trop tard pour changer l'issue.

Je vous raconte aujourd'hui l'histoire de Sophie (prénom fictif). Il y a 10 ans, elle décide de devenir travailleuse autonome. Bye-bye boss! À elle la liberté qu'elle convoite depuis longtemps. Enfin, elle va devenir maîtresse de sa destinée. Lâchant donc son bureau, où elle occupait une fonction dans les communications, elle met en place une boîte qui va offrir des services de marketing.

Excitée, elle ne lésine devant rien. Première étape : la banque. Comme son crédit est bon, elle obtient un prêt afin d'assurer ses besoins de départ.

Premières erreurs

Sophie, ayant toujours travaillé pour de grandes entreprises, commet ses premières erreurs. Elle pense gros et commence à dépenser sérieusement. Location d'un espace à bureau, mobilier, système informatique, téléphone commercial. Elle veut démarrer en grand, mais oublie qu'elle n'a pas encore signé de contrat. Dans son esprit, il faut avoir immédiatement pignon sur rue afin d'être bien vue. C'est une pensée louable, mais qui ne rapporte pas beaucoup à court terme.

Après deux mois, elle a épuisé son prêt. Occupée à mettre tout en place et comme elle veut offrir seule ses services au début, elle n'a pas mis ses premières énergies à trouver un ou deux clients. C'est à partir de là que, tranquillement, sa descente aux enfers commence. Oh, elle ne s'en rend pas vraiment compte et est toujours persuadée que maintenant qu'elle est installée, tout va fonctionner comme sur des roulettes.

Premier contrat

Après trois mois, Sophie finit par décrocher un premier contrat. Conditions particulières, le client payera en trois versements. Pour tenir le coup, notre protagoniste fera appel cette fois à ses cartes de crédit. Loyer et dépenses courantes obligent. Comme elle veut réussir avec brio cette première entente, elle n'a pas le temps de partir à la recherche d'autres clients.

Vous aurez compris que Sophie commence déjà à éprouver des problèmes. Cependant, même si son entourage la met en garde, elle persiste et signe. Elle est persuadée qu'elle a raison et que ce premier contrat va lui apporter la notoriété.

Six mois plus tard, elle est déjà devant un gouffre, mais refuse de le voir. Elle trouve toutes sortes d'excuses à ce mauvais départ, comme les conditions économiques, un mauvais timing. Bref, elle n'a jamais remis en question sa gestion. Sophie fuit la réalité. C'est plus rassurant.

Dégringolade

En moins d'un an, c'est la dégringolade pour elle. Obstinée, elle s'est endettée au maximum de ses capacités et s'est retrouvée en faillite. Cette pauvre travailleuse autonome qui voulait gérer sa business comme une multinationale a tout perdu et son moral aussi. Après une sévère dépression, elle a fini par admettre son entêtement. Elle travaille aujourd'hui à nouveau pour une entreprise.

La morale de l'histoire c'est que, oui, il faut croire en ses rêves pour qu'ils se réalisent. Oui, on peut le faire. C'est possible. Toutefois, il ne faut jamais perdre de vue la logique et la réalité.

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