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Cinq ans à attendre

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Six mois après s'être fracturé un pied, une jeune mère de famille devra prendre son mal en patience encore longtemps. Le médecin à qui on l'a référé a une liste d'attente de cinq ans.

Une situation qui décourage Véronique Gauvin. « Cinq ans, j'ai le temps de me faire amputer », se désole la Blainvilloise.

« Je n'ai pas vraiment de recours et la situation s'empire quand je marche. Mais je n'ai pas le choix. Avec des enfants de quatre ans et un an, je ne peux pas rester assise sur le fauteuil. »

Les malheurs de Mme Gauvin ont débuté le 26 septembre, à la suite d'un bête accident à son domicile.

Victime d'une fracture de la malléole, petite boule osseuse située au bas de la cheville, Mme Gauvin a d'abord rencontré un orthopédiste à l'Hôpital Saint-Eustache.

Après six mois de consultation sans qu'aucun progrès significatif ne soit constaté, ce dernier a largué Mme Gauvin.

« Il m'a dit que le temps allait arranger les choses et d'aller voir mon médecin de famille », lance-t-elle, fort déçue du traitement auquel elle a eu droit. « Quand j'allais le voir, il n'examinait même pas mon pied. Il se contentait de jeter un œil sur mes radiographies. [...] Nous avons pourtant été obligés d'arrêter la physiothérapie en raison des douleurs. »

Son omnipraticien lui a par la suite recommandé de se tourner vers l'Hôpital Sacré-Cœur, pour y consulter le Dr Stéphane Leduc, chirurgien spécialiste du pied et de la cheville.

L'hôpital l'a alors invité à contacter directement à la clinique du Dr Leduc. Logeant un appel téléphonique, Mme Gauvin a été sidérée d'être accueillie par un message enregistré où on explique qu'on « doit suspendre de manière indéterminée la réception de toute nouvelle demande de consultation » en raison d'un délai d'attente de cinq ans.

« La situation empire »

Pour atténuer les douleurs, celle-ci est contrainte à prendre des anti-inflammatoires et du Tylenol.

Les longs délais ont également des répercussions financières. Agissant à titre de releveur de compte pour Hydro-Québec, elle est privée de son gagne-pain.

« Je suis en arrêt de travail. Durant une journée normale, je marche une dizaine de kilomètres.

Avec mes assurances, je touche seulement 70 % de mon salaire. Ça commence à être fatigant. J'aimerais pouvoir recommencer à fonctionner normalement. »

La responsabilité du médecin

Du côté de l'Hôpital Sacré-Cœur, on confirme que les cas comme celui de Mme Gauvin sont effectivement confiés au Dr Leduc.

On refuse toutefois de prendre le blâme pour les longs délais. « C'est le médecin qui gère sa liste d'attente », explique Laure Moureaux, conseillère en communication.

« Les médecins sont rattachés à l'hôpital, mais ils n'en sont pas les employés », précise-t-elle.

Le Dr Leduc n'a pas retourné l'appel du Journal de Montréal, mais on indique sur sa boîte vocale que la situation sera réévaluée annuellement.

serge.forgues@journalmtl.com

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