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pauvreté et éducation

Des candidats à l'échec scolaire

Des parents cuisinent un bœuf aux légumes pendant que leurs rejetons sont en classe.
© Les archives Karl Tremblay Des parents cuisinent un bœuf aux légumes pendant que leurs rejetons sont en classe.

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La pauvreté affecte les enfants dans leur développement normal et les rend plus vulnérables à l'échec scolaire.

« Dans les milieux défavorisés, il y a plus d'élèves qui ont des difficultés neurologiques et physiologiques, les études le démontrent », affirme Daniel Lafrance, responsable du programme Agir autrement à la Commission scolaire de la Capitale. Agir autrement est un programme du ministère de l'Édu­cation du Loisir et du Sport (MELS) doté d'une enveloppe de 43,6 millions de dollars pour venir en aide aux écoles situées en milieux défavorisés.

La Commission scolaire de la Capitale (CSC) dispose d'une som­me de 817 962 dollars, cette année, provenant du programme Agir autrement. L'argent est distribué à 10 écoles primaires et trois écoles secondaires situées dans des poches de pauvreté pour leur permettre de financer des services pédagogiques destinés aux élèves en difficulté. Ces écoles sont concentrées dans les secteurs Limoilou, Saint-Sauveur, Saint-Roch et Vanier.

Le MELS a confirmé l'octroi d'une subvention de 830 194 dollars pour l'an prochain à la CSC. Les Commissions scolaires des Premi­ères-Seigneuries, des Découvreurs et des Navigateurs ne reçoivent aucune somme du programme Agir autrement.

Fatalisme

« Il y a des familles assistées sociales depuis quatre générations. C'est inscrit... Il y a comme un fatalisme et c'est pas juste des stratégies en math ou en français qui vont changer ça », affirme Daniel Lafrance. Les écoles situées dans des milieux défavorisés deviennent, en quelque sorte, des laboratoires où des méthodes pédagogiques nouvelles sont employées pour faire réussir ces enfants qui commencent leur vie avec deux prises contre eux.

Ces écoles ont besoins d'un soutient plus important, insiste M. Lafrance. « Il y a un nombre critique d'élèves qui vivent dans des situations qui compromettent leur cheminement scolaire », ajoute-t-il.

L'école du samedi

Agir Autrement a permis à l'école Notre-Dame-du-Canada, à Vanier, de mettre sur pied « Les ateliers du samedi » à l'intention des élèves en difficulté. Plus d'une vingtaine d'enfants se rendent à l'école le samedi en compagnie de leurs parents. Pendant que les ­parents préparent le repas familial en groupe, les enfants participent à des ateliers ludiques de français et de mathématiques, devant un ­tableau interactif.

« J'avais 2+ en math; maintenant j'ai 5+, c'est le plus fort », raconte avec fierté Andréa, une élève de 4e année. Daniel, père d'un élève de 5e année, affirme que son fils est plus motivé à aller à l'école depuis qu'il participe aux Ateliers du ­samedi. « Il voit que son père s'implique avec lui, ça l'encourage, ça le motive à faire ses devoirs. Il a amélioré ses notes », affirme-t-il.

Vingt-cinq parents participent aux Ateliers du samedi, confie la directrice de l'école Notre-Dame-du-Canada, Madeleine Piché. « Les Ateliers du samedi visent à la fois à soutenir les élèves en difficulté et les parents », précise Mme Piché. « L'école toute seule ne peut pas combler les retards de développement associés à la pauvreté. Parce qu'il y a des éléments qui influencent la capacité des élèves en dehors de l'école. Beaucoup de monde doit être mobilisé », termine Daniel Lafrance.

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