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Chronique

Une session facile pour Charest

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Les parlementaires se sont quittés pour l'été et la session aura été comme une balade dans le parc pour le premier ministre Jean Charest. Il y a quelques mois à peine, tout le monde supputait sur le moment où Jean Charest allait tirer sa révérence, après sept ans d'une pratique du pouvoir chaotique.

Le congrès du Parti québécois au printemps, le score obtenu par Pauline Marois ont renforcé la conviction que les jours du premier ministre étaient comptés, alors que se pointait à l'horizon la Coalition de François Legault.

Que s'est-il passé? Le gouvernement libéral a été favorisé par la conjoncture politique et, soyons bon joueur, le premier ministre a bien joué ses cartes.

Les élections fédérales ont occulté pendant des semaines les travaux du Parlement de Québec. Les élections ont par ailleurs produit l'effondrement du Bloc québécois, parti siamois du PQ.

Au cours des sessions précédentes, les libéraux ont été constamment sur la défensive avec la crise économique, des budgets impopulaires, la crise des gaz de schiste, la commission Bastarache, le scandale des garderies et, surtout, les odeurs de corruption qui flottent autour des municipalités et du monde de la construction.

Le bilan des mesures anticorruption est mince, bien peu de bandits sont en prison ou devant les tribunaux, mais l'affaire s'est épuisée d'elle-même et ne domine plus la période des questions.

Jean Charest a remanié son cabinet deux fois plutôt qu'une, fait des changements dans sa garde rapprochée, nommé des péquistes (Lucien Bouchard et Diane Lemieux) pour gérer les dossiers explosifs. Il a lancé officiellement son Plan Nord - le legs qu'il veut laisser pour marquer sa carrière - qui a commencé à se traduire en investissements concrets.

Subsistent toutefois deux taches dans cette session qui ajourne aujourd'hui : le cafouillage juridique qui a conduit à la libération de 31 motards criminalisés et le dossier de l'amphithéâtre de Québec.

Dans le cas du projet de loi du maire Labeaume, le premier ministre aurait démontré qu'il a de la poigne s'il avait fermé le dossier avant le congé estival. Il a préféré laisser le PQ aller au front et prendre les balles.

Les prochains mois constituent un saut dans l'inconnu. S'il est vrai que le gouvernement a tout le temps d'ajuster la loi pour tenir compte des demandes des autres villes, il est aussi vrai que les opposants ont du temps pour s'outiller.

On comprend maintenant que la révolte grondait dans le caucus et que le chef a préféré suivre ses députés que d'imposer une ligne de parti. Pendant ce temps, la Coalition Legault demeure un espoir de jours meilleurs, l'ADQ fait du surplace et le PQ, pour reprendre une expression chère à Jacques Parizeau, excelle à « s'auto-pelure-de-bananiser ».

Le leadership de Pauline Marois est vacillant alors qu'on ne connaît pas de prétendant pour « challenger » Jean Charest, méchant retournement en quelques mois à peine.

Jean Charest demeure impopulaire dans l'ensemble de la population, mais il n'est plus acculé à la sortie. Il a tout l'été pour soupeser ses options et décider s'il a encore le goût de la bagarre après la session la plus facile de sa vie politique.

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